Le maire de Béziers, Robert Ménard, se retrouve sous le feu des critiques après avoir été accusé de diffamation par un ressortissant algérien qu'il a refusé de marier en 2023. Ce dernier avait été visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) au moment de la cérémonie.
Le 12 juin, l'avocate du jeune homme de 25 ans, Me Vanessa Edberg, a déposé une plainte au procureur de Montpellier, signalant des déclarations de Ménard sur la chaîne CNEWS. Ce dernier aurait affirmé : "Je refuse de marier un type qui est en situation illégale, qui a une OQTF et qui a été condamné à de la prison pour des viols en réunion." Cependant, l'avocate réfute cette allégation en précisant qu'"aucune condamnation pour viol ou agression sexuelle n'apparaît" dans le dossier de son client.
En réaction à ces accusations, Ménard a déclaré qu'il était "navré" pour ce qu'il a qualifié de lapsus. Il s'est expliqué en téléphonant à divers médias, en affirmant avoir répété à plusieurs reprises que l’individu en question avait été condamné à huit mois de prison avec sursis pour vol avec violences. "Ma langue a fourché", a-t-il regretté, ajoutant que cela n'était pas son intention.
"J’en suis navré, ce n’est évidemment pas ce que je voulais dire." - Robert Ménard
Dans son plaidoyer, Me Edberg argue que les déclarations de Ménard ont considérablement dégradé l'image de son client aux yeux du public. Elle demande donc au procureur d'engager des poursuites à l'encontre du maire.
Pour cette affaire, Ménard doit également se présenter devant le tribunal judiciaire de Montpellier le 30 septembre 2023, suite à son refus de célébrer un mariage, ce qui pourrait lui valoir jusqu'à cinq ans de prison et une amende de 75,000 euros.
Déjà soumise à une pression médiatique, cette affaire relance le débat autour des responsabilités des élus face à des situations considérées comme délicates. Les experts s'interrogent sur la nécessité d'une régulation pour prévenir des abus de pouvoir dans le cadre de fonctions publiques.
Durant ce temps, le jeune homme en question a été expulsé vers l'Algérie peu après la cérémonie de mariage avortée, une décision qui continue d'attirer les critiques sur la manière dont les autorités gèrent les situations des immigrés.
Au-delà de l’affrontement entre le maire et son accusateur, cette affaire soulève des questions sur la protection des droits des individus en situation irrégulière et les obligations morales des représentants élus.







