A cinq jours de l'examen du projet de loi sur l'autonomie de la Corse, le Rassemblement National (RN) a révélé ses propositions, considérées comme "un contre-projet" par Marine Le Pen. Dans une interview à Corse-Matin, elle a critiqué le projet de loi en cours de discussion, le jugeant "flou" et "non adapté aux attentes des Corses".
Le plan du RN propose une reconnaissance de l'autonomie insulaire, pourtant dépouillée de ses éléments fondamentaux. Marine Le Pen exprime ses préoccupations quant à l'inscription du terme "communauté" dans la Constitution, le qualifiant de potentiel terreau pour une "dérive communautariste".
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Le RN accepte néanmoins d'accorder à la Corse des capacités normatives, sous condition d'une validation préalable du Parlement, soulignant qu'actuellement, une telle habilitation existe déjà. Le projet inclut aussi l'idée d'une préférence régionale pour l'accès à l'emploi et au logement, que Le Pen considère comme une avancée significative.
Les limites du projet RN
Le projet du RN ne propose pas la possibilité pour la Corse de déterminer ses propres normes, essence même de l'autonomie. Marine Le Pen a précisé que cette concession reviendrait à "porter atteinte à l'unité nationale". Ses arguments s'appuient également sur des préoccupations liées aux dérives mafieuses à l'œuvre sur l'île.
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Une autre mesure mise en avant est la création de nouvelles collectivités, inspirées des anciennes pieve, qui auraient pour but de renforcer le lien entre les communes et la Collectivité de Corse. Nicolas Battini, membre du RN, a qualifié cette initiative de nécessaire pour "améliorer la démocratie locale".
Une alliance révisée
Marine Le Pen a averti que le RN pourrait s'opposer au projet initial si ses propositions sont rejetées. Elle a également été rejointe par Nicolas Battini, qui a indiqué qu'une abstention pourrait être envisagée en cas d'acceptation partielle de leurs revendications. Battini a reconnu que, malgré les réticences initiales du RN sur la question de l'autonomie, les évolutions récentes, notamment l'alliance avec l'Unione di i patriotti, ont ouvert la porte à un dialogue sur ces thèmes.
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Alors que la première audition en commission des lois a eu lieu le 2 juin, le projet d'évolution institutionnelle de la Corse sera examiné au cours de la semaine prochaine, débutant mardi à l'Assemblée nationale, marquant une étape cruciale dans la conversation sur l'avenir de l'île.







