Myriam Jaouen, condamnée à 25 ans de prison pour avoir administré un déboucheur à une petite fille de 11 mois, est rejugée en appel à Bourg-en-Bresse à partir de ce mercredi 28 janvier. La décision initiale demandant une qualification de meurtre a été contestée par le parquet et les parents de la victime.
Ce qu’il faut retenir
Rejugée à partir de mercredi à Bourg-en-Bresse, Myriam Jaouen tente de faire appel de sa condamnation pour avoir tué Lisa à Lyon en 2022. Le parquet conteste l'abandon de la qualification de meurtre.
Le 22 juin 2022, l’employée de crèche a fait ingérer à Lisa un déboucheur, déclarant vouloir "qu'elle cesse de pleurer", ce qui a entraîné la mort de l’enfant après de longues souffrances.
Ce drame a soulevé des questionnements sur l’immaturité de l’accusée et les manquements des crèches privées, dont le sous-effectif avait été reconnu par la direction.
Initialement condamnée à 25 ans de réclusion, Myriam Jaouen fait face à une nouvelle audience après que le ministère public a fait appel, supporté par les parents de Lisa. Ceux-ci estiment que la qualification de meurtre a été injustement omise lors du précédent procès.
Lisa, qui n'avait que 11 mois, a souffert pendant près de quatre heures avant de succomber, malgré les efforts des secours. Une tragédie qui a résonné au-delà des frontières locales en touchant les cœurs à l'échelle nationale.
Profil de l'accusée
Myriam Jaouen, titulaire d'un CAP petite enfance, âgée de 27 ans au moment des faits, se trouvait seule responsable de l'accueil des enfants dans une crèche au moment du drame. Son avocate a évoqué son "immaturité", soulignée par des experts psychiatriques.
Elle a finalement avoué avoir administré le produit corrosif à l’enfant pour "qu’elle s’arrête de pleurer", après avoir tout d’abord caché la vérité, évoquant des accidents avec de la gouache ou des produits de nettoyage.
Les propos des avocats
Les réactions lors du procès initial ont été intenses. L’avocat général a insisté sur l’idée que personne ne pourrait admettre avoir voulu faire du mal à un enfant en lui faisant ingérer un produit aussi dangereux. Les avocats de Jaouen ont, quant à eux, mis en avant son état psychologique, cohérent avec une "violence pulsionnelle" et une irresponsabilité face à la gravité de ses actes.
Les experts n’ont trouvé aucune pathologie mentale permettant d’expliquer son comportement, mais ont discuté de son "immaturité affective". Cela relance le débat sur la responsabilité des crèches privées dans ce drame, des questions qui avaient déjà entraîné des enquêtes et des discussions au niveau gouvernemental sur le recrutement et la formation du personnel dans ces établissements.
Une situation préoccupante
Les parents de Lisa se sont prononcés contre toute cantonnement de la discussion à l'individu, appelant à une réflexion plus large sur les conditions de travail au sein des crèches. Lors du procès, Myriam Jaouen s'était excusée, mais son attitude avait laissé la majorité des témoignages sceptiques quant à son empathie.







