Depuis l'extension de la durée du congé paternité en 2021, l'adoption s'est rapidement accentuée. En 2022, 59 % des pères bénéficiant de ce congé ont choisi de l'utiliser dans sa totalité, indiquent les résultats d'une récente étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) parue mercredi. Ce constat fait suite à l’allongement de la durée de ce congé, qui est passé de 11 à 25 jours.
D'après l'Ined, cette hausse ne s'inscrit pas comme une rupture mais plutôt comme un soutien à une tendance déjà engagée avant 2021. En plus des trois jours de congé initialement prévus, les pères doivent dorénavant s'assurer de prendre au moins quatre jours de congé paternité, dont 81 % ont étendu leur temps d’arrêt au-delà de la période obligatoire entre 2021 et 2023, selon les données recueillies au fil des ans.
Un fossé avec d'autres pays européens
Cette extension visait à renforcer les liens entre le père et son enfant, à combattre l’inégale répartition des responsabilités familiales et à atténuer les inégalités professionnelles entre les sexes, rapporte l'Ined. Cette dynamique de changement, cependant, a révélé d'importantes disparités dans l'accès au congé paternité.
Lespères ayant un contrat à durée déterminée, les travailleurs indépendants ou ceux au chômage recourent moins fréquemment au congé paternité, contrairement à leurs homologues en CDI ou fonctionnaires, dont près de 90 % prolongent cette période obligatoire. En matière de congé paternité, la France a encore des progrès à faire, notamment face à l'Espagne, où les pères bénéficient d'un congé de 19 semaines, aligné sur celui de la maternité.
Des nouveautés en perspective dès juillet
À partir de juillet prochain, la France mettra en place un nouveau congé de naissance, en complément du congé maternité, qui pourra s'étendre sur 16 semaines. Ce dispositif, conçu pour stimuler la natalité, permettra aux parents de passer jusqu'à deux mois supplémentaires auprès de leur nouveau-né.
Bien que le montant d’indemnisation soit encore à déterminer par décret, le gouvernement a d’ores et déjà annoncé qu'il sera de 70 % du salaire net le premier mois et de 60 % le second, indiquant ainsi une volonté de mieux soutenir les nouvelles familles.







