Le Premier ministre Sébastien Lecornu semble entrevoir la fin d'un long chapitre budgétaire, franchissant un nouveau cap en évitant les motions de censure. À l'approche de la séance de mardi à l'Assemblée nationale, l'ambiance reste étonnamment légère, sans l'ombre d'une censure, comme l'indiquent nos confrères du Parisien.
Dans l'hémicycle, le président de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, discute tranquillement avec Laurent Nuñez, tandis que Lecornu s'informe auprès de Marc Fesneau, pas trop inquiet malgré les turbulences politiques. Même Michel Barnier, ancien Premier ministre, ne semble pas vouloir se frotter à des menaces de censure, soulignant que « la censure n'est pas la solution dans un moment de tensions graves en France et dans le monde ».
Des tensions en souterrain
Cependant, certains craignent que la censure ne déstabilise le gouvernement. « Ne banalisez pas une motion de censure », conseille un député, insistant sur la nécessité de soutenir le Premier ministre. Pourtant, une majorité de députés semble convaincue que la censure ne prendra pas forme ce mardi. Un membre du groupe Ensemble Pour la République confie même : « On est clairement passé à autre chose ! »
Les discussions s’articulent autour d'un traditionnel match entre le Rassemblement national (RN) et la gauche, avec le RN accusant le gouvernement de manœuvres détournées. « Vous évitez de vous confronter aux Français », lance Jean-Philippe Tanguy à l'adresse du gouvernement. « C'est une forfaiture ! »
De son côté, Lecornu ne se laisse pas abattre par l'opposition. Il déplore leur incapacité à proposer des alternatives, rappelant l'importance de la question militaire dans le contexte budgétaire. « J'aurais pu être tenté de prolonger les débats, si ce n'était cette question », ajoute-t-il.
Un bloc central en désaccord, mais solidaire
Au sein du bloc central, les critiques ne manquent pas à propos du budget, mais personne ne souhaite prendre le risque de plonger la France dans une instabilité supplémentaire. « Notre refus de la censure ne signifie pas que nous soutenons ce texte », explique Félicie Gérard, députée de Horizons.
Finalement, les deux motions de censure, celles du RN et des écologistes, sont repoussées, bien que la seconde ait manqué de peu son coup. Un pas de plus a été franchi pour le Premier ministre, mais le chemin est encore semé d'embûches.
Jeudi, le Sénat devra décider s'il facilitera les choses pour Lecornu en renvoyant immédiatement le texte à l'Assemblée nationale à travers une question préalable. De quoi lui permettre d'affronter de nouvelles motions de censure et, potentiellement, de déclencher un troisième recours au 49.3. La lutte pour le budget n'est donc pas encore terminée.







