Il y a quatre-vingts ans, le procès de Nuremberg s’est achevé, marquant un tournant décisif dans la justice post-Seconde Guerre mondiale. Le film Nuremberg, réalisé par James Vanderbilt, tente de raconter ce moment historique à travers une rencontre peu convaincante entre le psychiatre Douglas Kelley et Hermann Göring, l'un des principaux bras droits de Hitler. Ce film est sorti dans les salles le 28 janvier, mais laisse un goût amer à de nombreux spectateurs.
Le procès de Nuremberg est présenté de manière moderne, voire blockbuster, pourtant cette approche recensionne des critiques mitigées. Les choix artistiques du réalisateur mettent en avant une tension dramatique qui, aux yeux de certains, se heurte à la gravité des événements.
Vanderbilt, un ancien scénariste pour des films à succès comme Spider-Man, semble perdre de vue la profondeur historique au profit de la performance et du spectacle. Comme le souligne un critique de Ouest-France, l’adaptation tire ses racines d’un essai de Jack El-Hai, Le Nazi et le Psychiatre, pourtant la profondeur psychologique des personnages, notamment celle de Kelley interprété par Rami Malek, semble souvent survolée.
Cette œuvre aborde des thèmes cruciaux, comme la psychologie des criminels de guerre, mais laisse une impression de superficialité. Des experts ont souligné que les intentions de Vanderbilt méritent d'être questionnées, inquiétant d'une fiction qui passe à côté des principes d'une représentation réaliste des conséquences humaines de la guerre. Le film semble tomber dans le piège d'une dramatique excessive au lieu de se concentrer sur la tragédie de l'époque.
Dans un monde où les événements historiques sont souvent représentés à travers un prisme cinématographique, Nuremberg se distingue par sa tentative malheureuse de jongler entre le divertissement et une réalité à la fois tragique et essentielle. En attendant, les salles de cinéma offrent une expérience qui demande un discernement critique plutôt qu’une immersion totale.







