L'explorateur français Raymond Maufrais, disparu en janvier 1950 au cours d'une expédition en Guyane, a été officiellement déclaré mort mercredi par le tribunal judiciaire de Cayenne, 76 ans après son ultime aventure. La présidente du tribunal, Naïma Sajie, a souligné : "Il aurait 99 ans aujourd’hui, ça laisse peu de place au doute", avant de déclarer la mort de Maufrais au 13 janvier 1950, date marquée par ses derniers carnets de voyage.
Le père de Raymond, Edgar, s'est consacré pendant une décennie à la recherche de son fils à travers la Guyane, le Brésil et le Suriname, sans succès. Cette détermination a laissé une empreinte indélébile dans la mémoire familiale et forge une légende autour de cet explorateur. La décision de déclaration de décès repose sur l'article 88 du Code civil français, qui permet d'administrer le décès d'un individu dont le corps reste introuvable dans des circonstances dangereuses. Comme le souligne Le Parisien, cette déclaration est principalement symbolique.
Raymond Maufrais, passionné d'aventure, tentait de rejoindre le Brésil en traversant le cœur de la jungle guyanaise. Parti du littoral, il avait remonté la rivière Mana, atteint Maripasoula à pied avant de disparaître dans les profondeurs de l'est de la Guyane. Dans ses carnets retrouvés en avril 1950, il évoque ses derniers instants, marqués par la famine et la maladie, jusqu'à l'ultime décision tragique d'abattre et de manger son chien en raison de la privation.
Des derniers instants marqués par la faim et la maladie
Depuis sa disparition, aucun acte officiel n'avait été entrepris pour reconnaître le décès de Maufrais. Sa famille n'acceptait pas l'idée de sa mort, d'autant plus qu'il n'a jamais eu d'enfants. Les droits d'auteur de ses œuvres sont restés non réclamés jusqu'à présent. Ce n'est qu'avec l'initiative de l'Association des amis d'Edgar et Raymond Maufrais (AAERM) que la démarche a été engagée, comme l'explique son président, Geoffroi Crunelle, à l'AFP ; son idée a été nourrie lors d'un voyage à Camopi en 2025. "En cherchant, je me suis aperçu que n’importe qui pouvait initier cette démarche", précise-t-il.
Cette annonce, bien que tardive, aura des répercussions administratives. L'acte de naissance de Raymond à Toulon sera mis à jour pour y inclure la date de son décès, tout comme le registre de la commune de Camopi, lieu symbolique de fin de son odyssée.
Naïma Sajie, la présidente du tribunal, a ajouté avec émotion : "Dans le mystère de la forêt amazonienne, nous avons perdu un écrivain et un explorateur". Son héritage littéraire perdure, immortalisé dans plusieurs ouvrages dont certains ont inspiré des adaptations cinématographiques, comme le film "La vie pure" sorti en 2015, selon Télérama.







