Une offensive aérienne d'une ampleur inédite de la Russie a coûté la vie à au moins 10 personnes en Ukraine, le vendredi dernier, incitant Kiev à parler d'une "escalade" des hostilités.
Selon le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, près de "500 drones et missiles de croisière" ont été lancés depuis le matin, aggravant un climat déjà tendu alors que son pays essaie de relancer le dialogue pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis plus de deux ans.
"Les frappes russes n'ont fait qu'intensifier une tension déjà palpable, transformant ce qui aurait dû être un moment de paix relative en une escalade inquiétante", a déclaré le président Volodymyr Zelensky. Au cours d'une conversation matinale avec le pape, de multiples attaques frappaient déjà l'Ukraine, comme il l'a rapporté sur les réseaux sociaux.
"C'est la réponse de Moscou à notre proposition de trêve pour Pâques", a-t-il ajouté. Cette initiative ukrainienne, suggérant une trêve énergétique, a été rejetée par la Russie, qui a exprimé son scepticisme envers la clarté de l'initiative de Kiev.
- Frappes meurtrières -
Les frappes ont touché différentes régions, faisant un mort à Boutcha, un autre à Kherson, et d'autres victimes à Soumy, Jytomyr et Kharkiv, selon des responsables locaux. À Kramatorsk, des bombardements ont causé au moins deux morts et plusieurs blessés, comme l'a rapporté Vadym Filachkine, chef de l'administration militaire régionale.
À Kiev, où les habitants sont devenus familiers avec ces alertes, la réaction a été mitigée. Certains continuaient de vaquer à leurs occupations, tandis que d'autres cherchaient refuge dans des abris ou le métro. Dans un abri aménagé, des familles, y compris des enfants, attendaient les développements, mais des coupures d'électricité ont rapidement suivi les frappes, comme l'a précisé l'opérateur Ukrenergo.
La Première ministre Ioulia Svyrydenko a confirmé que les coupures affectaient plusieurs régions, notamment Kiev, Tcherkassy et Jytomyr.
- "Option alternative" -
Zelensky a proposé l'envoi d'une délégation américaine à Kiev pour relancer les pourparlers de paix, rendant compte de l'attention des États-Unis sur le conflit au Moyen-Orient, perturbé par les tensions avec l'Iran. "La délégation fera tout son possible pour venir à Kiev dans le contexte actuel de tension avec l'Iran", a-t-il indiqué à des journalistes.
Cependant, jusqu'à présent, les récentes rencontres entre des représentants des États-Unis, de l'Ukraine et de la Russie n'ont pas abouti à des résultats concrets pour arrêter les combats.
Par ailleurs, Zelensky a proposé une aide aux monarchies du Golfe pour faciliter le passage dans le détroit d'Ormuz, une région stratégique qui a vu sa situation se complexifier, provoquant des impacts sur l'approvisionnement énergétique mondial.
Depuis le début de l'invasion massive de l'Ukraine par la Russie en février 2022, ce conflit est devenu le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, entraînant des pertes humaines considérables de part et d'autre.







