Lors de son premier message de Pâques, le pape Léon XIV a exhorté les gouvernants à "choisir la paix" tout en dénonçant l'indifférence persistante face aux milliers de victimes des conflits. Cette année, la célébration de la résurrection du Christ est assombrie par la guerre au Moyen-Orient, un sujet qui soulève des préoccupations mondiales.
À travers le monde, des catholiques du Timor oriental aux États-Unis célèbrent cette fête, bien que l'atmosphère festive soit ternie par les répercussions de la guerre entre l'Iran et Israël. Ce conflit a en effet limité les possibilités de rassemblement pour les chrétiens et engendré des tensions dans plusieurs pays.
Sous un soleil radieux et décorée de milliers de fleurs, la place Saint-Pierre a vu le pape Léon XIV célébrer la messe de Pâques pour la première fois depuis son élection, enveloppant l'événement de chants liturgiques et de fanfares.
Lors de sa bénédiction "Urbi et Orbi" (à la ville et au monde), il a interpellé "ceux qui ont le pouvoir de déclencher les guerres" pour qu'ils choisissent la paix. "Nous nous habituons à la violence et à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux conséquences des conflits et à leur impact économique et social", a-t-il exprimé avec une profonde émotion.
Romant avec ses prédécesseurs, Léon XIV n'a mentionné aucune crise spécifique, mais a annoncé une veillée de prière pour la paix prévue le 11 avril sur la place Saint-Pierre.
Depuis le balcon central de la basilique, il a souhaité "Joyeuses Pâques" dans dix langues, incluant l'arabe et le chinois, retrouvant ainsi une tradition abandonnée par François. Le pape a ensuite échangé avec la foule depuis la papamobile, chantant notamment des louanges.
En dépit des festivités, l'ombre des guerres a marqué la Semaine Sainte. Lors de la veillée pascale, il a dénoncé les divisions résultant de "guerres, injustices et fermetures entre nations".
Au Liban, les localités chrétiennes sont prises au piège des combats entre Israël et Hezbollah, et les fidèles, malgré la peur, refusent de quitter leurs maisons. À Debel, proche de la frontière israélienne, les habitants préparent Pâques dans un climat de bombardements incessants.
"La situation est tragique", a déclaré Joseph Attieh, un responsable de la ville. Cependant, il maintient l'espoir : "Nous avons confiance en Dieu, c'est notre seul espoir". Il a également mentionné qu'un convoi d'aide devrait arriver dimanche à Debel, accompagné du nonce apostolique.
À Jérusalem, les célébrations au Saint-Sépulcre ont eu lieu à huis clos en raison de restrictions liées à la guerre, privant les fidèles de leur accès traditionnel. Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a souligné la détresse causée par une guerre qui ravage la terre sainte.
Dans d'autres régions, comme à Dubaï, les messes ont été annulées par le gouvernement, alors qu'à Damas, elles étaient restreintes en raison de tensions dans un secteur chrétien. À Rome, Pâques évoque également le souvenir du pape François, qui avait fait sa dernière apparition publique en 2025 lors de cette même fête.







