Une nouvelle génération de Castro prend de l'ampleur à Cuba : alors qu'un petit-fils et un petit-neveu émergent dans les sphères politiques, un autre descendant se démarque en tant qu'influenceur excentrique, mettant en avant un désir croissant de capitalisme parmi les Cubains.
Depuis le début de l'année, les États-Unis ont intensifié leur pression sur l'île communiste, en imposant des exigences de réformes économiques et politiques et en limitant l'importation de pétrole. Toutefois, la famille Castro maintient une influence significative sur ce pays de 9,6 millions d'habitants.
Raul Guillermo Rodriguez Castro, colonel au ministère de l'Intérieur et petit-fils de l'ex-président Raul Castro, aurait participé récemment à des discussions avec des responsables américains. De son côté, Oscar Perez-Oliva, fils de l'aînée des sœurs des Castro, a récemment été nommé vice-Premier ministre, accentuant ainsi son rôle au sein du gouvernement cubain.
Sandro Castro, âgé de 34 ans et petit-fils de Fidel Castro, est également sur toutes les lèvres. Patron d'un bar, il est suivi par près de 160 000 personnes sur Instagram où il partage des vidéos humoristiques sur la situation difficile de l'île. Dernièrement, il a fait sensation en déclarant à CNN que le président Miguel Diaz-Canel "ne fait pas du bon boulot" et que "la plupart des Cubains souhaitent la transition vers le capitalisme, loin du communisme".
Les médias d'État ont vivement critiqué ses propos, tandis que les Cubains exilés dénoncent un risque d'élitisme déconnecté dans un pays où le salaire mensuel moyen ne dépasse pas 6 680 pesos, soit environ 14 dollars. Une vidéo récente le montre en train d'interagir avec un imitateur de Donald Trump, ce qui a coïncidé avec l'information concernant des pourparlers entre La Havane et Washington.
Lillian Guerra, historienne de Cuba à l'Université de Floride, suggère que les interventions de Sandro Castro s'inscrivent dans une stratégie bien orchestrée, visant à faire croire à l'opinion publique américaine que le régime castriste n'est plus une menace. Cependant, l'historien Andres Pertierra de l'Université du Wisconsin avertit qu'il ne faut pas accorder une trop grande importance à des personnages comme Sandro, qui ne détiennent pas de responsabilité officielle.
Concernant Raul Guillermo Rodriguez Castro, il est devenu une figure d'intérêt public en s'installant au premier rang lors d'une récente conférence de presse où le président Diaz-Canel a reconnu des discussions avec les États-Unis. Bien qu'il n'ait pas de rôle officiel dans le gouvernement, des sources affirment qu'il a facilité ces entretiens, soulignant son influence montante.
Quant à Oscar Perez-Oliva, sa carrière connaît une ascension fulgurante qui soulève des interrogations sur un éventuel renouvellement du leadership cubain. Nommé ministre du Commerce extérieur et des investissements étrangers, puis vice-Premier ministre, son accession à l'Assemblée nationale le positionne comme un candidat sérieux pour de futurs leaderships.
Les récentes réformes, comme la possibilité pour les Cubains vivant à l'étranger d'investir dans l'île, témoignent d'une volonté d'ouverture, même si des voix comme celles de Marco Rubio, secrétaire d'État américain d'origine cubaine, estiment que ces changements sont insuffisants. Les événements actuels se déroulent alors que des doutes émergent sur l'avenir de Miguel Diaz-Canel, qui a pris les rênes en 2018, devenant le premier président après l'ère Castro.
Bien que Raul Castro ne soit plus officiellement en charge, il demeure une figure clé dans le paysage politique cubain, coopérant avec Diaz-Canel lors des négociations avec les États-Unis. "Les Castro continueront à jouer un rôle dans le système politique cubain pendant encore longtemps", prédit le spécialiste Andres Pertierra, soulignant l'impact durable de cette dynastie sur l'avenir de Cuba.







