Alors que Donald Trump célèbre un cessez-le-feu de dix jours accepté par le Liban et Israël, la réalité sur le terrain est plus complexe. Beyrouth accuse Tel-Aviv d'avoir poursuivi ses attaques immédiatement après le début de la trêve. Parallèlement, Paris et Londres s'apprêtent à rassembler 40 pays pour discuter du blocus du détroit d'Ormuz, prévu pour le 17 avril.
Un flot continu de voitures s'est formé entre le sud du Liban et Beyrouth, preuve que, malgré l'incertitude, les civils commencent à retourner chez eux. Le cessez-le-feu, entré en vigueur dans la nuit du 16 au 17 avril, a été présenté comme un moment historique par le président américain. « Ce fut peut-être un jour historique pour le Liban », a déclaré Trump, affirmant que « de bonnes choses se produisent ! »
Ce nouvel engagement, supervisé par Washington, met fin temporairement à 46 jours de conflit dans le sud du Liban, conflict qui a causé le déplacement de plus d'1,2 million de personnes et occasionné au moins 2 196 décès depuis mars dernier.
Des violations reportées
Donald Trump, sous pression pour obtenir un accord avec l'Iran, a agi en faveur d'une trêve au Liban après une sollicitation du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. Ce dernier a insisté pour que les États-Unis priorisent un cessez-le-feu afin de maintenir les négociations autour du programme nucléaire iranien. Selon Middle East Eye, cet appel a eu lieu lors d'une conversation privée mercredi dernier.
Toutefois, il reste à voir si ce cessez-le-feu sera réellement respecté. Dès les premières heures de son application, l'armée libanaise a signalé plusieurs violations de la part des forces israéliennes, continuant d'effectuer des frappes. Le Hezbollah a également réagi en lançant des attaques contre des soldats israéliens. Des précédents indiquent que plus de 15 000 violations ont été documentées par l'ONU depuis la dernière trêve en novembre 2024.
En parallèle, Israël a intensifié ses opérations militaires à Gaza, ayant tué plus de 765 Palestiniens et blessé plus de 2 000 depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu il y a quelques mois. Les attaques ciblent des infrastructures essentielles comme des hôpitaux et des routes, créant un climat lourd de tensions pour le sud du Liban.
Une source sécuritaire israélienne a déclaré à Reuters que les forces israéliennes « n'ont pas l'intention de se retirer du Sud Liban pendant la trêve de dix jours », affirmant qu'il s'agissait d'une zone tampon de sécurité.
Les enjeux autour de la guerre en Iran
Les perspectives de la guerre déclenchée en Iran demeurent également incertaines. Le ministre israélien de la Défense a suggéré que Tel-Aviv vise à renforcer ses positions militaires au Liban même après la guerre, cherchant à contrer toute résurgence du Hezbollah.
Face à ces tensions, Emmanuel Macron a exprimé sur X : « Je demande la sécurité pour les populations civiles des deux côtés de la frontière. Le Hezbollah doit renoncer aux armes, et Israël doit respecter la souveraineté libanaise. »
En outre, la situation sur le détroit d'Ormuz est préoccupante. Après avoir évoqué des mesures pour contrôler les ports iraniens, Donald Trump a annoncé que Téhéran avait initialement consenti à céder son uranium enrichi, bien que l'Iran n'ait pas encore confirmé cette information. Les discussions internationales, dont la France et le Royaume-Uni seront les co-organisateurs, visent à trouver une solution au blocus du détroit d'Ormuz, qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la situation mondiale.
Le Premier ministre britannique, quant à lui, est attendu pour déclarer que la réouverture de ce détroit constitue une « responsabilité mondiale ». La situation au Moyen-Orient, déjà tendue, pourrait alors entrer dans une phase encore plus délicate.







