L'Union européenne a franchi une étape importante mercredi 22 avril, en donnant un premier feu vert pour un prêt de 90 milliards d'euros destiné à aider l'Ukraine. Chypre a initié la procédure nécessaire après que Budapest a levé son véto, tout en posant des conditions concernant le retour des livraisons de pétrole russe.
Ce prêt, consenti par les 27 États membres de l'UE en décembre, était bloqué depuis plusieurs mois à cause d'oppositions hongroises. Les discussions ont finalement abouti grâce à la volonté des Chypriotes de faire avancer le dossier. Dans les prochaines 24 heures, un accord final devrait être entériné, inclusivement par la Hongrie.
La levée de cet obstacle est cruciale pour l'Ukraine, qui dépend de ces fonds pour poursuivre ses efforts militaires contre la Russie. « En principe, tous les obstacles sont levés », a déclaré Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, optimiste quant à l'issue de cette situation.
Cependant, Budapest maintient une condition sine qua non : la reprise des livraisons de pétrole via un oléoduc en Ukraine, endommagé par des frappes russes. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, insinue que « pas de pétrole = pas d’argent » pour l'Ukraine, utilisant cette zale pour exercer des pressions politiques.
L'oléoduc Droujba
Bien qu'il ait été annoncé que le transit du pétrole par l'oléoduc Droujba avait repris, le flux effectif vers la Hongrie et la Slovaquie, deux pays exemptés de l'embargo sur le pétrole russe, reste à confirmer. Denisa Sakova, la ministre slovaque de l'Économie, a précisé que les premières livraisons ne seraient pas attendues avant jeudi matin.
Pour assurer un suivi efficace, la procédure écrite doit se terminer jeudi après-midi. Ce processus permet à chaque État membre d'exprimer formellement son accord. En cas de réponse positive, la Commission européenne pourra procéder au paiement de la première tranche du prêt, qui s’élève à 45 milliards d’euros, prévue pour 2026 et 2027.
Andriï Sybiga, le chef de la diplomatie ukrainienne, a affirmé : « Nous avons rempli tous nos engagements » en réparant les infrastructures nécessaires. Cependant, les responsables européens restent prudents, conscients que la situation reste fragile. Robert Fico, le Premier ministre slovaque, a exprimé des doutes sur la fiabilité de cet accord, déclarant : « Je ne serais pas surpris si le prêt était débloqué, puis si les livraisons de pétrole étaient à nouveau interrompues ».







