L'essentiel
Derrière la flambée des prix à la pompe, la guerre au Moyen-Orient génère un choc économique global. Engrais, chimie, transports, technologies : la désorganisation des flux et la hausse des coûts énergétiques alimentent une inflation généralisée, ravivant les craintes de pénuries parmi les Français.
La montée des prix des carburants n'est que la facette la plus visible des conséquences économiques du conflit en Iran. Depuis le début des hostilités, l'économie mondiale ressent effectivement un impact bien plus vaste, affectant des secteurs comme l’industrie, l’agriculture, les transports et les technologies.
Le premier effet immédiat concerne le pétrole et le gaz. Le prix du Brent a considérablement augmenté et les coûts du gaz en Europe ont également grimpé. Cette escalade des prix entraîne une tension sur toute la chaîne d'approvisionnement : lorsque le coût du carburant augmente, celui du transport, qu'il soit routier, maritime ou aérien, en fait de même. Cela contribue à une dynamique inflationniste déjà présente.
Mais le conflit touche également des secteurs moins visibles mais essentiels, comme celui des engrais. Les pays du Golfe jouent un rôle majeur dans la production mondiale d’ammoniac et d’urée, deux intrants vitaux pour l’agriculture. Or, la perturbation des exportations et les tensions liées au gaz ont provoqué une flambée des prix de l’urée. Le risque est double : d’une part, une augmentation des coûts pour les agriculteurs, et d’autre part, une pression supplémentaire sur les prix alimentaires.
Chimie, pétrochimie et puces électroniques
Les secteurs de la chimie et de la pétrochimie rencontrent une issue similaire. Les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement affectent des produits comme le naphta, l’éthylène et divers polymères, qui sont essentiels pour la fabrication de plastiques, de fibres et d'emballages. Les industries très consommatrices d'énergie, telles que celle de la verrerie et de la métallurgie, souffrent également de cette spéculation accrue. L’agroalimentaire est donc touché de manière indirecte, aussi bien par le coût des engrais que par celui des emballages.
Le secteur numérique ne reste pas en reste. Le Moyen-Orient fournit plusieurs matières premières critiques pour la fabrication de semi-conducteurs, telles que l'hélium, l'aluminium et le brome. Si ces chaînes d'approvisionnement se détériorent, cela pourrait mener à une rareté et une hausse des prix pour les puces, les centres de données et divers appareils électroniques.
Ce climat de crise alimente l’inquiétude. Un sondage réalisé par Elabe le 2 avril révèle que plus de six Français sur dix craignent des pénuries d'essence et de matières premières. Près d'un sur deux exprime des inquiétudes pour les engrais, tandis que 40 % se préparent à des tensions sur certains produits technologiques.







