Par Olivier Pirot
Alors que le procès en appel concernant le présumé financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 se poursuit, une rupture inattendue s'est produite entre Nicolas Sarkozy et son ancien conseiller Claude Guéant. Cette fracture pourrait redéfinir les dynamiques au sein des principaux accusés, qui avaient jusqu'ici affiché une certaine unité lors de la première instance.
Les écrits envoyés au tribunal par Claude Guéant, en réponse aux accusations portées par Sarkozy, viennent contredire l'idée que l'ancien Président était totalement dans l'ignorance. Des liens avec Abdallah Senoussi, le beau-frère de Mouammar Kadhafi, ainsi que des tensions lors de la visite présidentielle de juillet 2007, sont mises en lumière.
Le changement d'attitude de Guéant est attribué à une nouvelle stratégie adoptée par Sarkozy, qui semble chercher à se dédouaner de certaines responsabilités en les transférant à son ancien ministre et secrétaire général. Toutefois, cette évolution n'est pas sans rappeler les réflexions présentes dans Le Journal d’un prisonnier, écrit par Sarkozy durant son incarcération à la Santé. Il y exprime un sentiment de malaise face à l'idée que la loyauté ne soit pas toujours réciproque. Thierry Herzog, son avocat historique, en a également souffert après avoir été écarté alors qu'il avait œuvré à ses côtés lors de la première instance.
“Mon amitié peut me conduire à être faible” écrit Sarkozy, une phrase qui fait écho à sa prise de conscience sur les vérités cachées au sein de ses relations proches. Ces révélations pourraient bien avoir des conséquences de grande envergure tant sur le procès que sur les alliances stratégiques futures, selon divers experts politiques interrogés par le journal La Nouvelle République.







