Les parlementaires britanniques se penchent ce mardi sur une motion visant à déterminer si le Premier ministre Keir Starmer doit faire l'objet d'une enquête parlementaire concernant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, une situation délicate qui perdure depuis plusieurs mois.
Arrivé à la tête du Parti travailliste en juillet 2024, Starmer peine à dissiper la tempête médiatique entourant sa décision d’attribuer ce poste à Mandelson, une figure emblématique mais controversée du Labour, en raison de ses liens avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein.
Des députés l'accusent d'avoir trompé le Parlement en affirmant que les procédures avaient été respectées lors de cette nomination, tandis que l'opposition multiplie les appels à sa démission.
Kemi Badenoch, cheffe de l’opposition conservatrice, a critiqué Starmer à la Chambre des Communes, affirmant que ses déclarations étaient « manifestement erronées » et exhortant les députés du Labour à ne pas « agir comme des moutons » en votant pour l'enquête.
Le débat, qui devrait se prolonger une bonne partie de l’après-midi, sera suivi d’un vote. Malgré une majorité confortable de 403 députés sur 650 pour le Labour, l'issue reste incertaine, avec un œil sur ceux qui pourraient se rebeller contre la discipline du groupe.
Pour prévenir une telle éventualité, Starmer a soutenu ses troupes lors d'une réunion lundi soir, les appelant à « rester unis ».
- Enjeux des élections locales -
Cette controverse a émergé en avril dernier après des révélations du The Guardian, confirmées ultérieurement par le gouvernement, selon lesquelles le ministère des Affaires étrangères avait octroyé à Mandelson en janvier 2025 une habilitation de sécurité, malgré un avis défavorable émis par les services de contrôle des antécédents.
Starmer a insisté sur le fait qu'il n'avait pas été averti de cette opinion défavorable, menant au licenciement de Olly Robbins, directeur du Foreign Office, pour ne pas l'avoir informé. Lors d'une session de clarification, il a reconnu sa « mauvaise évaluation » concernant Mandelson, qui a été démis de son poste en septembre 2025, tout en niant avoir dupé le Parlement.
Il a également rejeté les allégations selon lesquelles Downing Street aurait exercé des pressions pour accélérer la validation de cette nomination, une affirmation soutenue par Robbins.
Starmer a accusé l’opposition de tenter de réaliser un « coup politique » à seulement neuf jours des élections locales, où le Labour fait face à des défis face à Reform UK à droite et les Verts à gauche.
Rappelons qu'il s'agit de la première enquête parlementaire visant un Premier ministre depuis le scandale du « Partygate » impliquant Boris Johnson, qui avait dû démissionner de son poste de député avant la publication des conclusions de cette enquête.
Ce matin, Morgan McSweeney, l’ancien chef de cabinet de Starmer, ayant recommandé la nomination de Mandelson, a comparu devant une commission parlementaire, déclarant qu’il n'avait pas demandé à éviter les protocoles lors de cette nomination.
Depuis, une enquête criminelle a été ouverte contre Mandelson, soupçonné d'avoir enfreint ses devoirs en transmettant à Epstein des documents sensibles lorsqu'il était ministre entre 2008 et 2010.







