Après une hausse marquée à la fin de 2025, de récents chiffres indiquent une baisse de 1,2 % du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail sans aucune activité (catégorie A) au premier trimestre de 2026. Bien que ces données puissent être interprétées avec prudence, elles apportent un peu d'optimisme dans le paysage de l'emploi.
Cette diminution concerne uniquement la France métropolitaine, excluant l'île de Mayotte, et fait suite à des modifications considérables apportées en début 2025. Parmi ces changements, l'inscription systématique des bénéficiaires du RSA et des jeunes en parcours d'insertion a eu un impact significatif. La mise en œuvre d'un nouveau régime de sanctions pour les chômeurs, débutant le 1er juin 2025, a également contribué à réduire le nombre de radiations
Si ces nouvelles catégories ne sont pas prises en compte, la baisse des inscrits de catégorie A pourrait atteindre 2,4 % sur un trimestre. Néanmoins, sur une période d'un an, les chiffres montrent une stabilité presque totale, affichant un léger déclin de 0,2 %.
Le service des statistiques au ministère du Travail, Dares, indique que ces résultats ajustés reflètent le mieux la dynamique actuelle du marché du travail. En effet, après une nette augmentation de 2,6 % des inscrits au dernier trimestre de 2025, une baisse était attendue au premier trimestre suivant.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a exprimé sa satisfaction sur X : "Au 1er trimestre, nous constatons une réduction significative du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, ce qui est de bon augure. Nous continuons nos efforts pour renforcer cette tendance…".
En incluant les personnes en activité partielle (catégories B et C), la baisse du nombre d'inscrits est moins marquée, atteignant 0,3 % sur le trimestre. Cependant, sans les changements récents, on observerait une réduction de 1,3 % dans cette catégorie, tandis que le taux sur un an resterait stable à -0,2 %.
Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision à l'Observatoire français des conjonctures économiques, a commenté ces chiffres comme étant un signe intéressant, notant des transferts de la catégorie A vers les catégories B et C. "Cette transition est souvent observée lors des périodes de reprise", a-t-il indiqué. Il souligne également que malgré ces signes encourageants, l'OFCE prévoit une remontée du chômage dans l'année qui suit.
Malgré le climat apparemment positif, une part importante des bénéficiaires du RSA se voit désormais classée en catégorie F, indiquant qu'ils sont en "parcours social" et peinent à retrouver un emploi. Ce constat soulève des préoccupations, comme l’a mentionné le même Eric Heyer.
La CGT n’a pas tardé à dénoncer ce que certains qualifient de "baisse en trompe-l'œil" du nombre de demandeurs d'emploi, insistant sur le fait que cela masque une augmentation des emplois précaires et une aggravation du chômage de longue durée.
Par ailleurs, une récente enquête de France Travail a révélé que les intentions de recrutement des entreprises sont à leur niveau le plus bas depuis 2018, marquant une diminution de 6,5 % en 2026 par rapport à 2025. Cette enquête a été conduite entre octobre et décembre 2025, avant les conflits au Moyen-Orient et la flambée des prix des hydrocarbures, des événements qui pourraient accentuer les difficultés liées aux embauches.
Dans les jours à venir, le 13 mai, l'Insee publiera un taux de chômage basé sur des critères internationaux qui pourrait confirmer ou tempérer cette légère embellie. Le dernier chiffre connu affichait un taux de 7,9 % au quatrième trimestre de 2025, marquant une tendance à la hausse après une période de baisse continue entre 2015 et 2022.







