Lors de sa visite dans un hôpital en Ariège, Emmanuel Macron a récemment exprimé son agacement envers les « mabouls » qui suggèrent un conflit avec l'Algérie. À cette occasion, le président a fait revivre le terme « maboul », peu utilisé dans le débat public depuis 2004, comme le montrent les tendances de recherche Google. Par-delà cet incident, une réflexion s'impose : Emmanuel Macron, tout au long de sa carrière politique, a souvent puisé dans un vocabulaire désuet riche en couleurs.
Voici un aperçu de dix de ses expressions les plus mémorables, qui ne manqueront pas de susciter l'intérêt.
La « poudre de perlimpinpin »
Un moment marquant eut lieu lors du débat d'entre-deux-tours de la présidentielle de 2017. Sous l'œil médiatique, Emmanuel Macron a vu sa rivale Marine Le Pen, face à lui, accuser ainsi : « Ce que vous proposez, c’est de la poudre de perlimpinpin. » Un terme qui désigne une illusion, et que l'Elysée a même popularisé par la suite en vendant des tee-shirts estampillés du même nom.
« C’est pas Gérard Majax »
En 2022, lors d'un autre débat, Macron a encore une fois fait preuve d'une originalité notable. Faisant référence à un célèbre magicien français, il a annoncé : « C'est pas Gérard Majax ! » Une phrase qui pourrait tout aussi bien être réactualisée en « C'est pas Eric Antoine » pour séduire les générations plus jeunes.
« C’est de la pipe »
Cette expression, relevée pour la première fois par Macron en 2016, désigne des promesses vaines. « Les 35 heures, c'est de la pipe ! » a-t-il ironisé, poussant cet aphorisme à plusieurs reprises pour dénoncer le vide de certaines propositions politiques.
« Galimatias »
Utilisé à l'encontre de son adversaire de toujours Marine Le Pen, ce terme désigne un discours embrouillé et dénué de sens. Le président a ainsi su revendiquer un vocabulaire plus littéraire pour dénoncer ce qu'il perçoit comme des échappatoires langagières.
« Ripoliner la façade »
Cette expression parvint aux oreilles du public durant le débat de 2022. Née dans un roman de Colette en 1900, elle évoque l'idée de masquer des défauts plutôt que de les régler. Une image forte toujours d'actualité dans le champ politique.
« Avancer le schmilblick »
Employée lors d'une interview en mai 2024, cette phrase qui rappelle les années 70 a le mérite de rappeler à chacun l'importance d'aller de l'avant. Le président appelle à des avancées réelles, pas seulement des promesses.
« J’ai passé l’hémistiche »
Dans une interview de juillet 2020, Macron a introduit ce terme poétique en disant avoir dépassé la première moitié de son mandat. Un clin d'œil à la rhétorique et à la culture littéraire qui fait son charme.
« In petto »
Lors de la même interview, cette locution italienne a fait surface pour désigner des réflexions internes. Un bel exemple de la manière dont Macron utilise un langage inclusif et parfois élitiste.
« Une maïeutique »
Ce terme, employé en 2024, fait référence à la méthode socratique d'interroger pour faire surgir la vérité. À l'origine, il désigne l'accouchement par-delà des idées, symbolisant ainsi la volonté de Macron d'initier des changements profonds.
« In concreto »
Terminus de ce parcours linguistique, Macron a noté l'importance de placer des actions pratiques au cœur des débats sociétaux. Un message fort qui rappelle que la théorie, sans mise en pratique, n'a que peu de valeur.







