Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a été pris à partie jeudi dans le quartier de Golders Green à Londres, suite à une agression récente contre des membres de la communauté juive. Ces derniers expriment de plus en plus leur désarroi face à la montée de l'antisémitisme dont ils sont victimes.
Mercredi, deux hommes juifs ont été attaqués à l'arme blanche, une agression qualifiée de "terroriste" par les enquêteurs. Golders Green, qui abrite une importante population juive, a été le théâtre de cette violence inattendue.
Cet incident survient après plusieurs cas d'incendies ciblant des synagogues dans plusieurs zones de Londres, aggravant les préoccupations déjà existantes au sein de la communauté, qui souffre des conséquences d'une attaque meurtrière survenue à Manchester l'année dernière.
Jeudi, lors d'une visite à un service d'ambulances communautaire, le chef du parti travailliste a été accueilli par des cris de mécontentement. Les manifestants ont reproché à Starmer de ne pas agir suffisamment, certains scandant des slogans accusateurs pendant son passage. Le Premier ministre, pour sa part, a exprimé son engagement à répondre rapidement aux besoins de sécurité en faisant appel à la police et en renforçant la présence de forces de l'ordre.
Max Radford, un résident local de 53 ans, a déclaré à l'AFP que les paroles ne suffisent plus face à la colère croissante au sein de la communauté. Rifka, une habitante de 31 ans, a également regretté le manque de communication directe avec Starmer, souhaitant que le Premier ministre montre un soutien plus visible.
Pour contrer cette montée de l'antisémitisme, le gouvernement a annoncé un investissement de 25 millions de livres pour renforcer la sécurité dans les zones à forte concentration juive. Cependant, les membres de la communauté estiment que cette réponse est insuffisante face à l'ampleur de la menace. Le rabbin Ben Kurzer a témoigné sur la BBC de son inquiétude quant à l’absence de mesures concrètes pour combattre cette haine.
Les tensions politiques sont exacerbées à l’approche des élections locales, avec Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, critiquant les autorités pour leur lenteur à réagir face à l'antisémitisme. La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, s'est également rendue sur les lieux pour exprimer son soutien.
En ce qui concerne l'attaque de mercredi, les deux victimes, âgés de 34 et 76 ans, sont hospitalisées dans un état stable. Un suspect, un homme britannique de 45 ans d'origine somalienne, a été arrêté pour tentative de meurtre. Selon la police, cet individu avait des antécédents de violence et avait été identifié en 2020 dans le cadre d'un programme de prévention de l'extrémisme.
Un groupe peu connu, désigné comme "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya", a revendiqué ces attaques, ce qui soulève des interrogations chez les experts. Des analyses, notamment celles du groupe de réflexion Institute for Strategic Dialogue, soulignent que ces acteurs semblent inspirés par des stratégies utilisées par des milices pro-Iran.
En réponse à cette situation alarmante, le gouvernement envisage une législation pour classer les Gardiens de la révolution iraniens comme une organisation terroriste.







