Donald Trump a affirmé jeudi que sa rencontre avec "le très dynamique président du Brésil" Lula à la Maison Blanche s'était "très bien passée", comme l'a rapporté son message sur Truth Social.
Les deux dirigeants ont discuté de divers sujets, notamment du commerce et des droits de douane, selon des précisions fournies par le président américain.
Cependant, contrairement aux attentes, aucune apparition publique n'a été faite par les deux responsables à la presse, que ce soit avant ou après la réunion, qui s'est étendue sur plus de deux heures et demie.
Le président brésilien doit, pour sa part, s'exprimer devant les journalistes à l'ambassade du Brésil à Washington.
Les relations entre le Brésil et les États-Unis ont été tumultueuses, bien que Trump et Lula, malgré leurs divergences idéologiques, semblent éprouver une certaine "alchimie" personnelle. Ce constat est soutenu par le message positif de Trump sur sa plateforme.
Leur première rencontre, qui a eu lieu en octobre dernier en Malaisie, avait été cordiale.
- Venezuela -
Dans un tournant notable, Washington a levé une grande partie des surtaxes imposées au Brésil en réponse aux problèmes judiciaires de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, un allié de Trump, actuellement incarcéré pour tentative de coup d'État.
Depuis, les États-Unis ont renversé le dirigeant socialiste Nicolas Maduro au Venezuela et ont intensifié les tensions avec l'Iran en s'alliant à Israël.
Lula, qui a accusé Trump en 2025 de vouloir "devenir l'empereur du monde", a exprimé son opposition à ces interventions américaines, soulignant : "Je suis contre toute ingérence politique, quel que soit le pays".
Le président brésilien, âgé de 80 ans, arrive à Washington dans une position affaiblie, suite à des défaites parlementaires significatives. À moins de six mois des élections, il se retrouve dans une course serrée avec Flavio Bolsonaro, le fils de son prédécesseur.
Pour éviter toute ingérence des États-Unis dans le processus électoral, Lula désire "renforcer sa relation personnelle avec Trump", explique Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getulio Vargas de São Paulo.
L'administration Trump considère l'Amérique du Sud comme une zone d'influence naturelle et cherche à influencer les élections à travers ses alliés idéologiques.
- Crime organisé -
La sécurité demeure une des préoccupations majeures des électeurs brésiliens, et la lutte contre le crime organisé joue un rôle essentiel dans les relations entre Washington et Brasília.
Dario Durigan, ministre brésilien des Finances, a affirmé que son pays veut renforcer sa coopération dans la lutte contre les cartels de la drogue.
Un accord a été signé en avril entre les deux pays en vue de combattre le trafic d'armes et de drogues.
Trump a fait de la lutte contre le "narcoterrorisme" une priorité de son second mandat, considèrent plusieurs groupes criminels comme des organisations terroristes étrangères, en lien avec la capture du dirigeant vénézuélien.
Pour Stuenkel, le Brésil tente de minimiser le risque que les États-Unis classent les deux principaux gangs du pays comme des groupes terroristes.
Rebecca Bill Chavez, présidente du groupe de réflexion Inter-American Dialogue, juge que les États-Unis considèrent de plus en plus ces organisations comme des entités criminelles transnationales sophistiquées et que cela pourrait soulever des préoccupations juridiques et de souveraineté au Brésil.
- Terres rares -
La réunion entre Lula et Trump a également abordé l'intérêt américain pour les vastes réserves brésiliennes de terres rares, essentielles pour les technologies modernes.
Le Brésil détient les deuxièmes plus grandes réserves de terres rares au monde, juste après la Chine.
Les États-Unis enquêtent par ailleurs sur le Brésil pour des pratiques commerciales déloyales, cherchant à établir si le système de paiement gratuit Pix nuit à la compétitivité des entreprises américaines.
Depuis son lancement en 2020, le système Pix a révolutionné les paiements au Brésil, surpassant les cartes bancaires avec sept milliards de transactions en janvier, d'après la banque centrale.







