Taïwan a chaleureusement accueilli le président du Paraguay, Santiago Peña, vendredi, dans le but de consolider les relations avec son unique allié sud-américain, malgré les pressions croissantes de Pékin.
Le Paraguay figure parmi les 12 nations qui continuent à reconnaître la souveraineté de Taïwan, alors que la Chine a réussi à persuader de nombreux autres pays de rompre leurs relations diplomatiques avec Taipei pour se tourner vers Pékin.
La Chine considère Taïwan comme une province rebelle et s'oppose à son engagement dans des organisations internationales ainsi qu'à ses relations avec d'autres pays. Pékin n’écarte pas la possibilité d’une intervention militaire pour reprendre le contrôle de l'île.
En réponse à cette visite, la Chine a exhorté le Paraguay à "mettre fin à ses relations" avec Taipei. "Nous appelons les autorités paraguayennes à se ranger du bon côté de l'histoire et à reconnaître le principe d'une seule Chine", a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Lors de sa rencontre avec le président taïwanais Lai Ching-te, M. Peña a dénoncé les pressions militaires et économiques que subit Taïwan, soulignant que l'île avait le "droit souverain de nouer des relations avec d'autres nations".
M. Lai a reçu M. Peña avec honneurs militaires, incluant des saluts au canon et un tapis rouge, précédant une réunion en tête-à-tête.
S'adressant à la foule rassemblée pour le défilé militaire, M. Lai a remercié le président paraguayen d'avoir toujours soutenu Taïwan sur la scène internationale. "Taïwan et le Paraguay sont des alliés fervents des valeurs démocratiques, de la liberté et des droits de l'homme", a ajouté M. Lai.
Santiago Peña, qui effectue un séjour de quatre jours, a qualifié Taïwan de "partenaire essentiel" et a réaffirmé son engagement à soutenir l'île, en insistant sur des valeurs communes.
Un certain nombre d'accords, notamment sur l’entraide judiciaire en matière pénale et la coopération en cybersécurité, sont sur le point d'être signés entre le Paraguay et Taïwan, ainsi qu’un projet d'investissement focalisé sur l'intelligence artificielle et les infrastructures numériques.
Cette visite survient peu après le retour du président taïwanais, M. Lai, d'Eswatini, son dernier allié en Afrique. À noter que son voyage initial, prévu du 22 au 26 avril, avait été reporté suite à l’annulation des autorisations de vol par les Seychelles, Maurice et Madagascar, sous l'effet de pressions chinoises, selon Taipei.
Finalement, M. Lai a pu joindre Eswatini en utilisant l'avion royal. Avant ce déplacement, son dernier voyage à l'étranger remontait à novembre 2024, lorsqu'il a visité les alliés de Taïwan dans le Pacifique, avec un transit par Guam, un territoire américain.







