Des dizaines de vies ont été tragiquement perdues dans des attaques menées par des groupes djihadistes, le vendredi 8 mai, au cœur du Mali. Ces incidents surviennent dans la même zone où, deux jours plus tôt, les membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un allié d'Al-Qaida, avaient déjà fait au moins 30 victimes.
« Ces groupes armés sont revenus hier (vendredi) et ont attaqué plusieurs villages, comme Kouroude et Dougara, augmentant le nombre total de morts à plus de 70 », a rapporté un élu local à l'AFP, préférant garder l'anonymat pour des raisons de sécurité.
Ces attaques sanglantes illustrent l'incapacité des autorités maliennes et de leurs alliés russes à contrôler cette violence persistante. Ce regain de tensions intervient juste deux semaines après des attaques coordonnées d'une ampleur sans précédent, orchestrées par le GSIM et des rebelles touaregs, qui ont vu l'armée malienne abandonner le contrôle de plusieurs localités dans le nord, dont la stratégique ville de Kidal, évacuée par leurs alliés russes. Le ministre de la défense, Sadio Camara, a également été tué dans ce contexte fragile.
Bamako sous blocus
En réponse, les djihadistes ont indiqué leur intention d'établir un blocus autour de la capitale, Bamako, pour la paralyser davantage. Ce samedi, plusieurs bus de transport ont été incendiés dans la région, accentuant la crise des transports, alors que le Mali, essentiellement enclavé, dépend largement de ses routes pour les importations.
Dans cette ambiance chaotique, la junte au pouvoir fait des efforts pour rassembler ses partisans. Un millier de personnes s'est rassemblé à Bamako ce week-end pour soutenir le régime, brandissant des pancartes et scandant des slogans hostiles à la France et à la trahison interne.
En réponse aux récents événements, la junte a intensifié ses mesures répressives, procédant à des arrestations parmi les militaires et des membres de la société civile. L'avocat Mountaga Tall, figure emblématique, a été porté disparu après son interpellation par des hommes armés. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a exprimé ses inquiétudes face aux violations des droits humains signalées suite aux attaques.
La junte intransigeante
Malgré la escalade de la violence, le gouvernement malien refuse d'envisager tout dialogue avec les groupes insurgés. Le ministre des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réaffirmé que « le gouvernement n'envisage pas de négociation avec ces groupes terroristes qui sont responsables des souffrances endurées par notre population ». La communauté internationale, y compris le Pape Léon XIV, a émis de vives inquiétudes concernant l'escalade de la violence dans la région du Sahel, insistant sur la nécessité d'une intervention rapide et efficace.







