Lors d'une récente réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Limassol, la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a affirmé que l’Europe ne pourrait jamais se positionner comme un "médiateur neutre" entre la Russie et l’Ukraine. Selon ses déclarations, "nous sommes du côté de l’Ukraine et nous défendons nos propres intérêts fondamentaux en matière de sécurité".
Le débat sur la possibilité d'une médiation européenne a émergé face à l'impasse actuelle des négociations entre Kiev et Moscou, exacerbée par des changements de priorités dans la politique américaine, notamment envers l'Iran. Des discussions ont déjà commencé pour désigner un possible médiateur européen, mais Kallas a mis en garde contre un éventuel "piège" russe dans le choix de l'interlocuteur.
Elle a insisté sur la nécessité d'une "stratégie" claire avant d'engager toute négociation, ajoutant qu'il est crucial de se préparer sur les questions à aborder. "La réunion à Limassol a été positive", a-t-elle indiqué, soulignant qu'elle a permis d'explorer les concessions à exiger de Moscou.
Les discussions ont révélé plusieurs lignes rouges, incluant la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat avant toute ouverture de pourparler, et le refus de reconnaître le contrôle russe sur les territoires occupés. De plus, toute restriction imposée à l’armée ukrainienne devrait également s'appliquer à la Russie.
Alors que l'Ukraine appelle à un rôle plus proactif de l'Europe, Kallas a précisé que le soutien des Européens reste essentiel pour équilibrer les discussions, jusqu'à présent dominées par des concessions de la part ukrainienne.
D'éminents ministres ont jugé qu'il est encore trop tôt pour évoquer une médiation, insistant sur la nécessité de contraindre le Président russe à s'engager dans de véritables négociations. Kestutis Budrys, le ministre lituanien des Affaires étrangères, a déclaré : "Nous devons d’abord discuter des moyens de renforcer la pression sur la Russie".
En réaction à cette dynamique, le Kremlin, en position défensive, semble principalement intéressé par le temps. Le 9 mai, Vladimir Poutine a même suggéré que l'Europe choisisse son ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, comme médiateur, une proposition qui a été rapidement rejetée par les 27 membres de l'UE.
Kaja Kallas, ancienne Première ministre estonienne, a exprimé sa volonté de jouer un rôle si l'UE décidait de désigner un représentant. Elle a souligné que l'essentiel demeure que Moscou et Kiev reprennent le dialogue, car ils sont les seuls capables de trouver des solutions aux problèmes qui les opposent.







