Israël a annoncé avoir reçu le feu vert des États-Unis pour engager des opérations militaires dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah, si ce dernier continuait ses agressions sur le territoire israélien. Cette décision survient après que Donald Trump a déclaré que les deux parties avaient promis de travailler à l'apaisement des tensions.
Lors d'une publication sur son réseau Truth Social, le président américain a précisé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé à éviter un envoi de troupes à Beyrouth, affirmant que le Hezbollah était prêt à "cesser totalement le feu".
Cependant, les combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah, qui ont redoublé depuis le début de mars, continuent de peser sur la région. Hier soir, des frappes israéliennes ont causé au moins six morts au Liban, portant le bilan de la journée à treize selon des sources locales. Le Hezbollah, de son côté, a revendiqué une attaque par roquette contre un char israélien.
L'armée israélienne a également signalé l'interception de deux projectiles provenant du Liban, sans annoncer de blessés de son côté. Dans le contexte général de la guerre au Moyen-Orient, l'Iran, qui mène des discussions indirectes avec les États-Unis, insiste sur la nécessité d'un cessez-le-feu global incluant la fin des hostilités impliquant le Hezbollah.
Netanyahu a mis en avant les "violations fréquentes du cessez-le-feu" proclamé depuis le 17 avril, pointant du doigt le Hezbollah comme source de ces tensions accrues, une prise de position qui a provoqué une montée de l'anxiété parmi la population locale.
Selon Axios, Trump aurait exprimé des doutes sur la gestion de la situation par Netanyahu, le qualifiant d'"absurde" et accusant ce dernier de compromettre des négociations cruciales avec l'Iran.
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a confirmé que les États-Unis avaient "validé le principe" selon lequel Israël pourrait frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah n'interrompait pas ses attaques. En d'autres termes, les États-Unis, par cette approbation, semblent soutenir une réponse militaire israélienne en réaction à la violence persistante.
Dans ce cadre, l'ambassade libanaise à Washington a mentionné que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine stipulant qu'Israël devrait retenir ses frappes en échange d'un engagement du mouvement libanais à arrêter ses agressions contre Israël. Nabih Berri, président du Parlement libanais, a assuré que toute entente sur un cessez-le-feu serait respectée par le Hezbollah, selon son conseiller interviewé par l'AFP.
Sur le terrain, les craintes demeurent palpables. À Beyrouth, où de nombreux habitants ont fui, les magasins restaient fermés et des drones israéliens patrouillaient à basse altitude. Toutefois, Leila Shahab, une habitante de 35 ans, a décidé de revenir, exprimant un sentiment de calme relatif : "Nous avons constaté que la situation s'est un peu calmée".
Malgré les frappes régulières d'Israël, qui a mené l'une de ses incursion militaire la plus profonde depuis le retrait de 2000, la situation demeure critique, avec plus de 3.412 personnes tuées et un million de déplacés depuis le début du conflit, selon des statistiques de Beyrouth.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a fusillé la prolongation des opérations militaires, affirmant que "rien ne peut justifier" cette situation. Il a souligné l'importance des discussions prévues à Washington entre les émissaires libanais et israéliens pour parvenir à une solution pacifique.
Ces négociations, qui se déroulent en l'absence de relations diplomatiques entre les deux nations, visent à délier les tensions environnementales exacerbées par la position du Hezbollah, qui refuse de se désarmer malgré les appels à la paix.







