Dimanche 7 juin, l'Arménie se prépare à un scrutin législatif qui pourrait redéfinir son orientation stratégique entre Bruxelles et Moscou. Ce petit pays du Caucase, avec ses trois millions d'habitants, s’est traditionnellement rapproché de la Russie, mais le Premier ministre, Nikol Pachinian, fait un pas audacieux vers l'Occident.
Erevan, bien que techniquement alliée à Moscou grâce à des liens historiques et militaires, a critiqué la Russie pour son manque de soutien durant la guerre avec l'Azerbaïdjan en 2023. Un ressentiment qui a mené à des initiatives récentes vers l'Union européenne, y compris l'approbation d'un processus d'adhésion. Ces derniers mois, sous l’influence de figures politiques comme Emmanuel Macron, l'Arménie a également organisé des sommets européens sans la participation russe, accentuant le changement de cap.
Référendum ou souveraineté : les dilemmes arméniens
Les tensions se sont intensifiées avec la demande du Kremlin d’un référendum portant sur l'adhésion à l'UE. Nikol Pachinian a qualifié cette proposition d'"illogique", ce qui a suscité les critiques de l’opposition locale, menée par Samvel Karapetyan, un homme d'affaires influent. Ce dernier met en garde contre une "ruée imprudente" vers l’Occident, évoquant les dangers d’un choix trop rapide, comme l’a déclaré le journaliste Gaïdz Minassian, enseignant à Sciences Po Paris pour France 24.
Les experts soulignent que ces élections ne concernent pas seulement l'avenir immédiat de l'Arménie, mais sont révélatrices d'un mouvement plus large au sein des anciennes républiques soviétiques, cherchant à se libérer de l’influence russe. En parallèle, les relations entre les deux nations sont jugées par beaucoup comme étant "dans une phase de transformation", comme l’a déclaré le Premier ministre arménien, tandis que Moscou continue d’exercer des pressions commerciales et diplomatiques.
L'UE face à l'influence russe en Arménie
Alors que la Russie semble tenter d'influencer les résultats des élections, l'UE dénonce une "coercition" évidente. Selon un rapport de Radio France, plus de 435 tentatives d'ingérence russe ont été recensées depuis octobre 2025. Ce climat de tension souligne l'importance de ces élections pour l'avenir du pays. Les Arméniens sont ainsi appelés non seulement à voter, mais à choisir le futur de leur nation face à deux puissances mondiales.







