Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a entamé une tournée dans les pays du Golfe, mardi, avec pour mission de rassurer ses alliés sur le protocole d'accord récemment signé avec l'Iran. Dans un contexte de tensions croissantes, nombre de ces nations craignent que Téhéran ne sorte renforcé de ce nouvel arrangement.
À son arrivée à Abou Dhabi, Rubio a affirmé qu'il abordera assurément les préoccupations de ses interlocuteurs fragilisés par les conflits en cours. "Ce sera quelque chose de très certainement discuté," a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il serait crucial de discuter des thèmes absents du protocole, notamment le soutien des mandataires iraniens aux groupes armés dans la région.
La situation est d'autant plus délicate que les récents conflits au Moyen-Orient ont conduit les nations de la région à subir des représailles en raison des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Ces pays ont en effet été la cible de missiles iraniens, les plongeant davantage dans l'incertitude, alors qu'ils n'avaient pas désiré cette escalade.
Il est à noter que le protocole ne fait pas mention des mandataires iraniens ni des menaces qu'ils représentent. Tandis que le président Biden affirme que les capacités nucléaires de l'Iran sont en déclin, l'inquiétude continue de se répandre parmi les alliés du Golfe.
C'est la première visite d'un haut responsable américain dans la région depuis la signature de l'accord, et Rubio prévoit de rencontrer les autorités émiraties avant de poursuivre son voyage au Koweït et à Bahreïn, où il participera à une réunion du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Les discussions porteront sur des sujets cruciaux comme la sécurité du détroit d'Ormuz, rendue tendue par la menace iranienne. Rubio a réaffirmé que les États-Unis ne toléreraient pas la perception de péages sur cette voie navigable internationale, qui était auparavant libre d'accès.
Cependant, H.A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute, a exprimé son scepticisme quant à la capacité de Rubio à apaiser complètement les craintes des pays du Golfe. "La fiabilité des États-Unis est la variable clé sur laquelle il doit convaincre," a-t-il déclaré à l'AFP.
Le protocole d'accord laisse aux négociateurs un délai de 60 jours pour finaliser un accord, ce qui alourdit l'incertitude pour les pétromonarchies qui s'efforcent d'assurer la stabilité régionale pour attirer investissements et tourismes.
Ces nations, historiquement proches de Trump, semblent désormais chercher à diversifier leurs partenariats sécuritaires. Hellyer souligne qu'elles ne considèrent plus les États-Unis comme un partenaire fiable.
Concernant un éventuel fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran, un responsable émirati a démenti l'existence de telles discussions, affirmant que les Émirats n'étaient pas impliqués. Rubio a quant à lui indiqué que cela ne serait à l'ordre du jour que si l'Iran se transformait en un État plus pacifique, éloigné de ses ambitions révolutionnaires.







