Plus d’une centaine de personnes ont été placées en détention en Turquie, sur des accusations de « terrorisme », à l’approche du sommet de l’Otan. Parmi les personnes arrêtées, figurent des personnalités telles que le rédacteur en chef d’un magazine LGBT, un syndicaliste et plusieurs membres d’institutions environnementales, signalent des ONG locales.
Selon l’Organisation Turque pour les droits de l’Homme MLSA, les opérations menées le 23 juin ont conduit à l'interpellation de 225 individus, dont 103 ont été maintenus en détention. La fondation de protection de l'environnement Tema a également confirmé que 14 de ses employés et bénévoles avaient été arrêtés, tandis que 16 autres faisaient l'objet d'assignations à résidence.
Les agents des forces de l’ordre ont justifié ces arrestations en affirmant que ces personnes pourraient perpétrer des actes terroristes pour nuire à la réputation de la Turquie. Des figures de la communauté LGBT, comme Yildiz Tar, rédacteur du magazine Kaos GL, ont été spécifiquement ciblées.
Les autorités ont manifesté un intérêt particulier pour les affiliations politiques des volontaires écologistes, les questionnant sur leur éventuelle appartenance au Parti communiste de Turquie, une organisation prohibée. Lors de l'interrogatoire de Yildiz Tar, les policiers semblaient plus préoccupés par ses opinions que par des faits concrets de criminalité.
Cette montée en tension vise principalement la communauté LGBT, fréquemment traitée par le président Recep Tayyip Erdogan comme une menace à la culture nationale, accusée de « déviations contraires à la nature humaine ».
Erol Onderoglu, représentant de Reporters sans frontières, a condamné ces arrestations, les qualifiant de « détention arbitraire » et a exigé la libération de Yildiz Tar, soulignant que de telles actions ne devraient pas être justifiées par un sommet international. Human Rights Watch a également critiqué cette dérive des lois antiterroristes, jugeant qu’elles vont à l’encontre des valeurs fondamentales de l’Otan.







