Dans un entretien avec l'AFP, Svetlana Tikhanovskaïa, leader de l'opposition bélarusse en exil, a souligné que tant qu'Alexandre Loukachenko resterait au pouvoir, le Bélarus continuerait de représenter une menace pour l'Ukraine.
Kiev a émis des avertissements répétés concernant les implications du Bélarus dans le conflit, notant récemment une intensification des attaques russes dans le nord du pays. Les autorités ukrainiennes s'inquiètent des préparatifs militaires qui semblent se poursuivre du côté bélarusse de la frontière.
Depuis qu'il est au pouvoir en 1994, Loukachenko a donné le feu vert à la Russie pour mener son invasion à grande échelle contre l'Ukraine en 2022, en utilisant, pour partie, des installations situées sur son territoire.
"Tant que Loukachenko tirera profit du conflit en aidant la Russie, le danger persistera pour l'Ukraine," a déclaré Tikhanovskaïa à l'AFP. Elle a ajouté que Loukachenko est tout autant responsable que Vladimir Poutine de ce conflit majeur qui affecte l'Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Soumise à l'influence du Kremlin, la Biélorussie de Loukachenko abrite également des armes nucléaires russes. Tikhanovskaïa, qui a défié Loukachenko lors de l'élection de 2020, a vu sa victoire contestée donner lieu à d'importantes manifestations, suivies d'une répression sévère envers ses partisans.
Lors d'une récente conférence sur la reconstruction de l'Ukraine à Gdansk, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a noté que le Bélarus avait désactivé ses répéteurs de signal, qui assistent à la navigation des drones d'attaque russes, après des menaces directes venant de Kiev.
Pour sa part, Loukachenko a tenté d'alléger les tensions, affirmant avoir rencontré un représentant ukrainien à Minsk et assurant que son pays ne serait pas impliqué dans la guerre. Toutefois, selon Tikhanovskaïa, de telles actions ne pourraient se produire sans l'accord du Kremlin. "S'ils ont désactivé les répéteurs, cela signifie que la Russie a donné son approbation," a-t-elle affirmé.
Concernant le déploiement de prisonniers politiques, la leader de l'opposition a exprimé l'espoir que les négociations menées par les États-Unis pour leur libération se poursuivent. Des centaines de prisonniers ont été libérés après des pourparlers, soutenus par l'ancien président américain Donald Trump, bien qu'il y ait encore 852 prisonniers politiques recensés par le groupe de défense des droits Viasna, un chiffre qui pourrait être plus élevé selon Tikhanovskaïa.
Elle a aussi évoqué ses craintes pour les mères incarcérées ainsi que pour les prisonniers âgés et malades. A Gdansk, elle a rencontré l'ancien président polonais Lech Walesa, avec qui elle a discuté de la manière de se préparer à un changement possible en Biélorussie, un changement qui pourrait survenir "inattendu".
Tout au long de son parcours, Tikhanovskaïa a œuvré pour obtenir un soutien international dans sa quête pour un Bélarus démocratique, affirmant que "sans alliés, aucune guerre ni révolution ne peut être remportée."







