Depuis un mois, les rues de Tirana retentissent des cris de désillusion des Albanais opposés à un projet touristique ambitieux porté par Ivanka Trump et son mari Jared Kushner. Cette initiative, déployée dans une zone protégée, suscite un ras-le-bol général, révélant les problèmes de corruption au sein du gouvernement.
Les manifestations, entamées fin mai après la découverte de fils barbelés sur les plages de Zvernec, ne faiblissent pas. Des milliers de personnes défilaient récemment, brandissant des pancartes exhortant à la démission du premier ministre Edi Rama, tout en élevant des effigies de flamants roses symboliques. Malgré la volonté de la famille Trump de justifier leur projet par l'acquisition de titres de propriété, la légalité et l'éthique de cette démarche sont remises en cause. Selon le journal Le Monde, ce projet pose des inquiétudes non seulement pour la biodiversité locale mais aussi pour l'avenir socio-économique de l'Albanie.
La zone de Vjosa-Narta, où se trouve Zvernec, abrite de nombreuses espèces d'oiseaux, y compris des pélicans frisés et des flamants roses, qui dépendent de cet écosystème fragile. Ces préoccupations environnementales sont partagées par des organisations comme WWF France, qui craignent que les intérêts financiers priment sur la préservation de la nature.
En outre, la réaction du premier ministre face aux manifestations n'est guère rassurante. Edi Rama, en place depuis 2013, a provoqué des critiques en faisant preuve de mépris envers les manifestants, ce qui a conduit à des arrestations pour des charges telles que le blocage de la circulation et l'organisation de rassemblements illégaux. Cela a renforcé la méfiance des citoyens envers un gouvernement qu'ils jugent complice de la corruption endémique qui sévit dans le pays.
Les défis sont d'autant plus aigus pour les jeunes Albanais, confrontés à un taux de chômage élevé et à des bas salaires. Beaucoup choisissent d'émigrer à la recherche d'opportunités, laissant derrière eux un pays en proie à des décisions politiques controversées. Comme l’exprime Gabriela, une jeune manifestante : « Nous avons besoin d’un avenir, pas d’hôtels de luxe construits sur notre héritage ».
La famille Kushner n’est pas étrangère aux controverses dans les Balkans. En Serbie, ils avaient également vu leur projet d’hôtel de luxe abandonné suite à des manifestations qui dénonçaient des pratiques douteuses. La détermination des Albanais à défendre leurs droits et leur environnement pourrait bien faire de cette révolte un tournant historique pour la démocratie en Albanie.







