Dans un plaidoyer poignant, Shoukria Haidar, présidente de l'association Negar-Soutien aux femmes d'Afghanistan, interpelle les instances européennes sur le danger d'une normalisation des relations avec les talibans. Elle représente une voix collective de femmes afghanes, qui, depuis trois décennies, militent pour leurs droits fondamentaux.
Victimes des premières atteintes des talibans en 1996, ces femmes, également soutenues par des partenaires féministes et des acteurs européens, se souviennent des luttes et des victoires acquises dans un contexte difficile. Cependant, la souffrance a pris une nouvelle dimension depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, lorsque des militantes ont dû fuir leur pays, laissant derrière elles des familles exposées à la terreur quotidienne.
Le 11 mai 2026, l'annonce par la Commission européenne d'inviter des représentants des talibans à une réunion technique à Bruxelles a abasourdi et choqué de nombreuses personnes en Europe et en Afghanistan. Malgré les assurances de la Commission, ces actions sont perçues comme une reconnaissance tacite des talibans, des oppresseurs notoires des femmes et des filles afghanes.
La Commission estime que cet engagement ne constitue pas une reconnaissance officielle, mais Haidar et d'autres activistes mettent en garde contre les implications de légitimer un régime qui, par des décrets et une violence systématique, a écrasé la dignité des Afghanes. Dans une lettre ouverte, elles demandent aux commissaires européens de réfléchir aux conséquences de leurs décisions.
« Est-il juste que les femmes, les filles et les familles afghanes doivent payer le prix de telles considérations ? » s'interroge-t-elle. La Cour Pénale Internationale a déjà émis des mandats d'arrêt contre des dirigeants talibans pour des crimes contre l'humanité, soulignant la gravité de la situation que vivent les femmes en Afghanistan.
Les valeurs européennes de dignité, de démocratie et d'égalité, telles qu'énoncées dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, semblent menacées par cette démarche. Les femmes afghanes, privées de leurs droits essentiels, sont obligées d'affronter des conditions de vie inhumaines où la mortalité maternelle et infantile atteint des niveaux tragiques.
Haidar lance un appel désespéré : « Écoutez le cri des femmes d'Afghanistan ! » Tout en exprimant sa gratitude envers les eurodéputés qui s'opposent fermement à cette normalisation, elle insiste sur la nécessité de ne pas abandonner le peuple afghan à des oppresseurs et de préserver la réputation de l'Europe en matière de droits humains.
« Ne laissons pas l'Europe se couvrir de honte ! » conclut-elle, rappelant ainsi l'urgence d'une action significative et respectueuse des droits humains face à la crise afghane.







