Nicolas Maduro se déclare prisonnier de guerre lors de son procès à New York

L'ancien président vénézuélien accuse les États-Unis d'enlèvement dans un tribunal américain.
Nicolas Maduro se déclare prisonnier de guerre lors de son procès à New York
©Jim WATSON, AFP - Le président américain Donald Trump, aux côtés du secrétaire d'État Marco Rubio (G) et du secrétaire à la Défense Pete Hegseth (D), s'adresse à la presse après la capture et le transfe

Pour la première fois depuis sa capture, l'ex-président vénézuélien Nicolas Maduro a comparu devant un tribunal américain, se déclarant "prisonnier de guerre" et plaidant non coupable des accusations de trafic de drogue qui pèsent sur lui à New York.

"Je suis innocent", a martelé l'ancien dirigeant de 63 ans, s'exprimant en espagnol à l'aide d'un traducteur devant le juge du Southern District de Manhattan, où il a été formellement accusé de quatre chefs, dont celui de narcoterrorisme.

Aux côtés de Maduro, son épouse Cilia Flores a également plaidé non coupable. Arrivant dans une tenue probablement fournie au moment de son arrestation, il a débuté par une déclaration émotive : "Je suis le président de la République du Venezuela et je suis ici kidnappé depuis le 3 janvier, arrêté à mon domicile à Caracas". Le juge Alvin Hellerstein l'a alors rapidement interrompu, lui demandant de se concentrer sur son identité.

Affichant un sourire aux avocats et au public, l’ancien président, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant plus d'une décennie, prenait des notes, écoutant attentivement les débats à l'aide d’un casque. Après avoir confirmé son plaidoyer, le juge a ordonné son maintien en détention à New York, jusqu'à une prochaine comparution prévue pour le 17 mars.

Depuis son arrivée aux États-Unis, Maduro a été incarcéré à Brooklyn, dans un des plus grands centres de détention du pays, connu pour ses conditions difficiles. À quelques pas du tribunal, des partisans et des opposants se sont affrontés. "C'est mon anniversaire et c'est le plus beau cadeau que j'ai reçu", a déclaré Angel Montero, un Vénézuélien remerciant Donald Trump pour la capture de Maduro. D'autre part, Sydney Loving, une militante venue de Minneapolis, a critiqué l'intervention des États-Unis, soulignant que cela ne ferait qu'enrichir les élites américaines.

Au Venezuela, le soutien à Maduro reste fort. À Caracas, des députés ont scandé "Allez Nico" en soutien à leur ancien président durant l'ouverture de la nouvelle session de l'Assemblée nationale. Un nouvel acte d'accusation a été récemment publié contre Maduro et quatre autres, incluant le ministre de l'Intérieur et son fils.

L'accusation lui impute d'avoir dirigé un gouvernement corrompu et illégitime ayant exploité le pouvoir pour promouvoir le trafic de drogue, renforçant l'influence de l'élite politique et militaire vénézuélienne. Les autorités américaines affirment que Maduro a collaboré avec des groupes guérilleros, classés comme "terroristes", pour transporter d'énormes quantités de cocaïne vers les États-Unis.

La réaction du gouvernement vénézuélien n'a pas tardé. Delcy Rodriguez, récemment désignée comme dirigeante intérimaire par les forces américaines, a exprimé sa volonté de coopérer avec Washington dans le cadre de relations respectueuses. Toutefois, elle a également averti que le non-respect des exigences américaines pourrait avoir de graves conséquences.

La légitimité de l'intervention américaine est mise en question par plusieurs pays, l'ONU appelant au respect de l'indépendance politique des nations lors d'une réunion d'urgence. Le président français Emmanuel Macron a exprimé des réticences quant à la méthode choisie par Washington pour capturer Maduro, insistant sur le fait qu'elle n'était pas soutenue par la France.

Une enquête récente de France 24 indique que Cuba, allié du Venezuela, a perdu des soldats dans l'opération, ce qui accentue les tensions régionales. En parallèle, Trump a déclaré que Cuba pourrait avoir du mal à survivre sans les ressources pétrolières du Venezuela, soulignant l'intérêt crucial des États-Unis pour ce pays riche en pétrole.

Alors que la situation évolue, les observateurs s'attendent à une escalade des tensions entre le Venezuela et les États-Unis, avec des répercussions potentielles sur la sécurité et la stabilité de la région.

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