Lors d'une réunion cruciale tenue à Paris, Emmanuel Macron a exposé les "garanties de sécurité" que les Européens, notamment la France, s'engagent à fournir à l'Ukraine. En cas de cessez-le-feu avec la Russie, il a notamment évoqué la possibilité de déployer "plusieurs milliers" de soldats sur le sol ukrainien.
Des figures politiques majeures, tels que Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, ainsi que des leaders de tous les partis représentés au Sénat et à l'Assemblée nationale, ont été présents. Même des partis traditionnellement opposés à l'envoi de troupes, comme La France insoumise et le Rassemblement national, ont pris part à cette rencontre.
Les dirigeants du Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine Le Pen, ainsi que Bruno Retailleau pour Les Républicains, ont pénétré à l'Elysée sans faire de commentaires. De son côté, Edouard Philippe a été représenté par deux de ses collaborateurs, étant retenu par une alerte météo au Havre.
Sur le thème d'Ukraine, le transfert du président vénézuélien Nicolas Maduro aux États-Unis a aussi été au cœur des discussions. Marine Tondelier, la cheffe des Verts, a exprimé sa frustration face à ce qu'elle considère comme un silence de l'Europe sur le Venezuela, regrettant de se retrouver aux côtés de partis aux vues divergentes sur des questions aussi cruciales.
Réactions mitigées
Les réactions à cette réunion ont été variées, certains participants comme Mathilde Panot de La France insoumise ont souligné l’importance du multilatéralisme et du droit international. Elle a critiqué Emmanuel Macron pour son silence initial concernant l'arrestation de Maduro, faisant écho à des préoccupations de la gauche sur la ligne extérieure de la France.
Cette réunion a suivi celle du sommet de la "coalition des volontaires" à Paris, où des pays alliés à Kiev ont convenu de l'envoi d'une force multinationale en Ukraine, si un accord avec Moscou est atteint. Cette force, sous l'égide des États-Unis, pourrait jouer un rôle crucial dans la surveillance d'un cessez-le-feu, qui demeure incertain.
Du côté russe, la réaction a été immédiate, la Russie dénonçant fermement l'idée d'une présence militaire occidentale en Ukraine, la qualifiant de "cible légitime". Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a fait une déclaration prudente, soulignant qu'une telle mise en œuvre des garanties de sécurité nécessiterait l'accord de la Russie, ce qui semble, à l'heure actuelle, encore lointain.
Vers un avenir incertain
Macron a déjà mentionné qu'en cas de paix, Paris serait prêt à engager des "milliers d'hommes" pour cette force multinationale. Cependant, un vote parlementaire pourrait être nécessaire, surtout après les exemples du Royaume-Uni et de l'Allemagne, où l'approbation parlementaire pour toute action militaire est devenue une norme.
Il a clarifié qu'il ne s'agissait pas d'envoyer des forces pour le combat, mais plutôt d'établir une "force de réassurance", chargée de dissuader d'éventuelles nouvelles attaques russes, tout en laissant le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu aux drones et satellites.
Les discussions ont aussi abordé la position de la France concernant l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, un sujet sensible qui pourrait voir une division au sein de la classe politique française.
Les analyses des experts, comme celles du journal Le Monde, soulignent que la situation actuelle pourrait significativement redéfinir le rôle de la France sur la scène internationale, tandis que les sentiments de méfiance persistent à l'égard de la Russie.







