Les tensions autour des préoccupations agricoles à Paris atteignent un nouveau sommet. Ce matin, alors que la Confédération paysanne, le troisième syndicat agricole de France, organisait une opération escargot sur le périphérique, deux de ses représentants ont été arrêtés près de l'Arc de Triomphe. Cette manifestation avait pour but de protester pacifiquement contre l'accord UE-Mercosur.
Les porte-parole interpelés, Thomas Gibert et Stéphane Galais, ont subi ce que la Confédération paysanne qualifie d'"interpellation très brutale". Selon Fanny Métrat, autre porte-parole du syndicat : "C'est inadmissible, ils doivent être relâchés sans condition". Métrat rappelle que deux jours plus tôt, les représentants avaient dialogué avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui les avait exhortés à se mobiliser. "C'est hypocrite d'arrêter des représentants alors qu'on nous demande de faire entendre notre voix", a-t-elle déclaré.
Plus tôt dans la journée, d'autres membres du syndicat, ainsi que des agriculteurs, des étudiants en agronomie et des militants écologistes, avaient convergé vers le point de rassemblement à la place de l'Étoile, après avoir circulé en tracteurs sur le périphérique parisien.
Deux poids, deux mesures ?
Ce climat de tension est accentué par les événements de la veille, où la Coordination rurale, un autre syndicat agricole, avait mené une opération similaire dans Paris sans la moindre intervention des forces de l'ordre. Les agriculteurs ont même réussi à stationner leurs tracteurs près de monuments emblématiques sans être dérangés.
Manon Meunier, députée LFI, présente sur les lieux, a dénoncé un "deux poids, deux mesures". "Il n'y a eu aucun dialogue avec les agriculteurs, qui étaient simplement réunis pacifiquement", a-t-elle ajouté, soulignant la disproportion de la réponse des autorités. "Cette situation démontre un gouvernement en crise face aux réalités agricoles", a-t-elle conclu.
Ce nouvel acte de répression soulève des questions non seulement sur la gestion des préoccupations agricoles par le gouvernement, mais également sur la légitimité des moyens employés pour faire face à des manifestations qui, par essence, cherchent à engager le dialogue plutôt qu'à créer des tensions. Selon des experts en relations sociales, un processus de crise constructive est fondamental pour éviter de telles escalades.
Les agriculteurs continuent d'appeler à un véritable échange et un soutien de l'État pour faire face aux défis actuels, espérant que la situation évolue rapidement vers un retour au dialogue.







