Le 9 janvier 2026, environ une centaine d'agriculteurs du Calvados ont répondu à l'appel de la Coordination rurale pour manifester à Bayeux en opposition à l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur. Rassemblés autour de tracteurs, ils ont débuté leur mobilisation à l’hypermarché E.Leclerc, dénonçant la politique commerciale de certaines grandes surfaces qui favorise des produits importés souvent jugés aux normes moins strictes que celles françaises.
« Tant qu’on n’aura pas d’actes, on ne lâchera rien ! », a déclaré un représentant de la Coordination rurale, illustrant le mécontentement croissant au sein de la profession face à un accord jugé injuste. Pendant la manifestation, les agriculteurs ont critiqué frontalement le patron de Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, qu'ils accusent de défendre des produits potentiellement dangereux pour la santé publique.
Une mobilisation qui prend de l'ampleur
Après une première halte marquante dans le centre-ville de Bayeux, le cortège s'est dirigé vers la RN 13 pour y réaliser une opération escargot. Cette technique de blocage routier est destinée à ralentir le trafic tout en attirant l'attention sur leurs revendications. « Nous voulons faire entendre notre voix ! », a mentionné Yohann Couespel, membre de la Coordination rurale, en annonçant que la journée se finirait par un filtrage à proximité de l’usine Lactalis.
Ce mouvement de protestation fait suite aux récents votes favorables à cet accord au sein de l'Union européenne, exacerbant ainsi le sentiment d'abandon ressenti par les agriculteurs. Jean-Jacques Pesquerel, président départemental de la Coordination rurale, a exprimé sa frustration face au « manque de courage » des gouvernements successifs pour défendre les intérêts des agriculteurs français.
En parallèle, ce mécontentement général trouve des échos dans les réflexions des experts agricoles et des acteurs du secteur, qui soulignent les implications économiques et environnementales d’un tel accord. « La France doit absolument garantir la protection de son agriculture face à une concurrence déloyale », a déclaré un économiste du secteur lors d'une conférence récente. Les manifestations de Bayeux pourraient donc marquer le début d'un mouvement plus large, invitant toutes les parties prenantes à réfléchir aux conséquences d'une telle intégration commerciale.
Alors que la situation s'intensifie, les agriculteurs demeurent fermement déterminés à sensibiliser le public et à alerter les décideurs sur l'importance de soutenir l'agriculture locale face aux défis globalisés. La mobilisation à Bayeux pourrait bien être le signal d'alarme pour une réévaluation des politiques agricoles en France.







