L'accord de libre-échange que l'Union européenne se prépare à signer avec les pays du Mercosur, comprenant l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay, suscite des interrogations parmi les viticulteurs du Maine-et-Loire. Alors que les barrières douanières, qui varient de 17 à 35 % selon les pays, seront bientôt assouplies pour les vins et spiritueux, des voix s'élèvent dans le secteur pour mettre en garde contre les conséquences potentielles de cette mesure.
Selon Pierre-Antoine Pinet, président de la Fédération viticole de l’Anjou et de Saumur, le sujet est délicat et demande une réflexion approfondie. Camille Masson, président d’Interloire, partage ses réserves, soulignant que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît. « Lors d'une récente réunion, ce sujet n'a même pas été abordé », admet Françoise Flao, PDG de la maison de bulles Louis de Grenelle, qui se concentre davantage sur la problématique des taxes américaines qui augmentent.
Fabien Branchu, vigneron à Coudray-Macouard, fait remarquer que les pays du Mercosur ne représentent actuellement qu'un marché limité par rapport à d'autres régions comme les États-Unis ou l'Allemagne. « Cet accord pourrait créer un marché, mais pour le moment, son impact reste incertain », conclut-il. Pierre-Antoine Pinet ajoute que certains acteurs sont déjà présents, notamment au Brésil, et cela pourrait profiter à ceux qui souhaitent s'implanter rapidement dans cette région.
Dans un contexte où la compétitivité est essentielle, les viticulteurs du Maine-et-Loire espèrent bénéficier d’un équilibre entre ouverture des marchés et protection de leurs produits. L’avenir de la viticulture dans la région dépendra sans doute de la manière dont cet accord sera mis en œuvre et des protections qui pourront être instaurées pour garantir la qualité des vins locaux face à une concurrence accrue.







