Après plus de 25 ans de négociations intensives, l'accord de libre-échange entre l'Union Européenne (UE) et les pays du Mercosur doit être signé ce lundi 12 janvier au Paraguay. Cependant, des doutes subsistent quant à son entrée en vigueur, et la France s'oppose avec force à cette initiative.
Les principaux acteurs de cet accord sont le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay et la Bolivie. Bruxelles le voit comme un outil stratégique pour renforcer l'économie et la présence géopolitique de l'UE auprès de ses 780 millions de consommateurs. Il se traduit par la suppression progressive des droits de douane, ainsi que la protection de 344 produits européens, comme le roquefort et le champagne. Toutefois, l'accord permet également l'importation annuelle de 99.000 tonnes de viande bovine sud-américaine, ce qui alimente les craintes des agriculteurs français.
En France, le rejet de cet accord est quasi unanime. De la gauche radicale à l'extrême droite, la classe politique se mobilise contre un traité qui semble menacer les standards de production locaux. Les craintes se concentrent sur la compétition déloyale que pourrait créer l'importation de produits trop bon marché, en raison de normes environnementales et sanitaires moins strictes en Amérique du Sud.
Le président Emmanuel Macron, initialement favorable, a changé de ton après avoir dénoncé l'inaction de son homologue brésilien face aux incendies en Amazonie en août 2019. Depuis, la France appelle à renégocier pour intégrer des clauses qui protégeraient davantage l'environnement et les agriculteurs. Des mesures, qualifiées de 'clauses miroirs', pourraient imposer des normes d'échanges équitables, mais ces demandes ont rencontré des réticences.
Malgré la désapprobation de Paris, l'accord a été adopté en réunion européenne le 9 janvier dernier, ne laissant guère de place à une opposition efficace. Pourtant, même si l'accord doit être signé, son futur reste incertain : une approbation par le Parlement européen restera nécessaire avant sa ratification définitive, et des inquiétudes légales autour de son processus d'adoption pourraient aussi ralentir les choses.
Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, a déclaré que « la messe n'est pas dite », laissant entrevoir une possibilité d'interaction continue autour de cet accord. Certains experts craignent également que la légalité de l'approbation actuelle soit remise en question, compliquant encore plus la situation. Ainsi, bien que l'accord semble avancer, son existence pourrait être remise en cause au fur et à mesure que les tensions et opinions divergent en Europe.
Pour approfondir ce sujet, [Le Monde](https://www.lemonde.fr) et d'autres journaux nationaux continuent d'alimenter le débat, offrant des analyses et des opinions sur les enjeux cruciaux de cette négociation historique.







