Pékin (AFP) – Lors d'une rencontre historique à Pékin, le Premier ministre canadien Mark Carney et le président chinois Xi Jinping ont annoncé le début d'un partenariat stratégique, marquant ainsi une étape significative après des années de tensions diplomatiques. Ce sommet, qui représente la première visite d'un dirigeant canadien en Chine depuis 2017, a été perçu comme un moment clé pour restaurer les relations entre les deux nations, affaiblies par les désaccords sur plusieurs fronts.
« Je suis ravi que nous avancions vers ce nouveau partenariat », a déclaré M. Carney, soulignant l’importance d’un regain de coopération dans divers domaines. Le président Xi a lui aussi évoqué la nécessité de tourner la page, en mentionnant une nouvelle dynamique entamée l'année précédente lors d'une réunion en Corée du Sud.
Le climat des relations sino-canadiennes s'était détérioré en 2018, suite à l'arrestation d'une dirigeante de Huawei au Canada, ce qui a conduit à une série de tensions, y compris la détention de citoyens canadiens en Chine accusés d'espionnage. Selon l'expert en relations internationales, Jean-Pierre Cabestan, « ces événements ont mis en lumière les fragilités des échanges bilatéraux, mais également leur potentiel inexploité ».
Le Premier ministre Carney a également souligné l'impact des politiques commerciales agressives mises en place par l'administration Trump, qui affectent tant le Canada que la Chine. En réponse, les deux pays envisagent de développer des collaborations dans les secteurs de l'agriculture, de l'énergie et des finances, avec l'espoir que cela puisse créer des opportunités mutuellement bénéfiques.
La relation commerciale entre le Canada et la Chine est cruciale. En 2025, le volume d'échanges a atteint 89,62 milliards de dollars américains, bien que les exportations canadiennes aient subi une baisse significative. « Nous cherchons à diversifier nos marchés et à réduire notre dépendance vis-à-vis des États-Unis », a déclaré M. Carney, exprimant son ambition de doubler les exportations vers des pays autres que les États-Unis d'ici 2035.
Ce nouvel engagement promet de revitaliser non seulement les relations bilatérales, mais aussi de contribuer à la stabilité économique mondiale. Titulaire d’une chaire à l’Université de Montréal, l'économiste Marie-Claude Guérette note que « les enjeux géopolitiques actuels exigent des nations qu'elles cherchent des collaborations constructives pour faire face à des défis communs ».
Alors que l'avenir des relations canado-chinoises semble plus optimiste, beaucoup se demandent si ce vent de changement sera suffisant pour surmonter les obstacles persistants. Une chose est certaine : les deux pays ont un potentiel considérable à exploiter, et leurs dirigeants semblent déterminés à ne pas manquer cette occasion.







