Un tribunal de Séoul a prononcé la première sentence pénale à l'encontre de l'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol, le condamnant à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. Cet événement s'inscrit dans le cadre d'une série de poursuites judiciaires liées à sa tentative ratée d'instaurer la loi martiale en fin d'année 2024.
Ce jugement fait suite à une crise politique sans précédent, qui a vu Yoon, ancien procureur général, exclure des membres du gouvernement d'une réunion cruciale concernant la loi martiale. Les tensions avaient atteint leur paroxysme lorsque, le 3 décembre, il a pris la décision choc d'envoyer des troupes encercler le Parlement, en invoquant des menaces communistes nord-coréennes.
Malgré le fait que le parquet ait réclamé une peine de dix ans, le tribunal a finalement opté pour une sentence plus clémente. Toutefois, l'ex-président fait face à d'autres poursuites, dont une pour insurrection qui pourrait potentiellement aboutir à la peine capitale, encore en vigueur en Corée du Sud malgré l'absence d'exécutions depuis des décennies. Ce verdict est attendu pour le 19 février prochain.
La classe politique est en émoi, et les manifestations populaires qui ont suivi les actions de Yoon témoignent de l'instabilité politique qui règne dans le pays. Selon des analyses, sa tentative de loi martiale a été perçue comme une manœuvre audacieuse pour restaurer son autorité face à un Parlement dominé par l'opposition. Mais cette stratégie, estiment des observateurs, s'est finalement retournée contre lui.
Baek Dae-hyun, le président du tribunal, a souligné lors de son jugement que Yoon avait méprisé les principes fondamentaux de la Constitution. "Sa culpabilité est extrêmement grave", a-t-il déclaré, accentuant ainsi l'impact de cette décision sur la crédibilité de l'ex-président.
Dans une déclaration à la presse, Yoon a insisté sur le fait qu'il avait simplement exercé ses prérogatives en tant que chef de l'État. "Il ne s'agissait pas d'une répression militaire, mais d'un effort pour sécuriser la liberté et maintenir l'ordre constitutionnel", a-t-il affirmé.
Alors que les élections anticipées ont vu émerger un nouvel équilibre politique avec l'élection de Lee Jae Myung, les conséquences juridiques pour Yoon et son entourage semblent loin d'être terminées. La situation est surveillée de près par les analystes politiques, qui craignent que cette lutte pour le pouvoir laisse des séquelles durables sur la démocratie sud-coréenne.







