Les drones sont en train de devenir un instrument clé pour les narcotrafiquants en France, selon une récente analyse de l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Ces machines volantes n'ont pas seulement été utilisées pour livrer des téléphones portables et des stupéfiants aux détenus dans les prisons, mais leur utilisation s'est considérablement étendue pour gérer le trafic de drogue sur de plus vastes échelles. En 2025, plus de 2 100 livraisons de ce type ont été enregistrées, montrant l’ingéniosité et l’adaptabilité de ces réseaux criminels.
Les experts en sécurité soulignent que l'intégration des drones dans le milieu du narcotrafic est une réponse précise à l'augmentation de la surveillance policière et aux efforts de démantèlement des cartels. Jean-François Ricard, ancien procureur de la République, note que "l'évolution technologique des outils utilisés par les criminels dépasse souvent celle des forces de l'ordre". Les drones permettent non seulement des livraisons discrètes, mais également un meilleur repérage des forces de l'ordre et des concurrents.
La police nationale et les autorités judiciaires tentent de s'adapter à cette nouvelle réalité. Dans une interview récente, Vanessa Perrée, à la tête du parquet national anticriminalité organisée, a affirmé : "Nous devons anticiper et innover en réponse à ces techniques nouvelles". Cela pose un véritable défi en matière de sécurité publique et nécessite une évolution constante des stratégies policières et judiciaires.
Par ailleurs, plusieurs études montrent que l'utilisation des drones par les narcotrafiquants n'est pas uniquement un phénomène français. Au niveau international, des réseaux en Amérique du Sud et en Europe adoptent des méthodes similaires, rendant la lutte contre le trafic de drogue encore plus complexe. Selon le rapport de la DEA, les narcotrafiquants mexicains ont également commencé à intégrer des drones pour surveiller et protéger leurs routes de transport, illustrant une tendance alarmante.
En somme, l'ère des drones dans le narcotrafic est déjà une réalité. La lutte contre ce phénomène dépendra de la capacité des autorités à s’adapter à des méthodes de plus en plus élaborées et technologiques.







