Le tribunal de Séoul a rendu son verdict : Yoon Suk Yeol, l'ancien président sud-coréen, a été condamné à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir, marquant une étape significative dans une affaire qui a secoué la politique de la péninsule. Cette décision fait suite à sa tentative d'imposer une loi martiale en décembre 2024, événement qui avait déclenché des mois de manifestations et d'instabilité.
Âgé de 65 ans, Yoon, qui a déjà été procureur, doit encore faire face à plusieurs autres poursuites, dont une principale pour insurrection, où le parquet a requis la peine de mort. Ce verdict, bien qu'inférieur aux dix ans demandés par le parquet, représente un tournant dans l'histoire politique moderne de la Corée du Sud, comme le rapportent de nombreux médias, y compris Le Monde.
Le tribunal a souligné « une attitude méprisante envers la Constitution » de la part de l’accusé, qui a cherché à isoler des membres du gouvernement lors des discussions sur la loi martiale. Ce coup de force a agité le pays et a conduit à sa destitution par la Cour constitutionnelle en avril 2025.
Le jugement a été accueilli avec diverses réactions. Des membres de l'opposition y voient un signe fort pour la démocratie sud-coréenne. En revanche, les soutiens de Yoon estiment qu'il s'agissait d'une mesure justifiée par la nécessité de protéger le pays des menaces externes, notamment de la Corée du Nord. Dans une déclaration récente, Yoon a défendu ses actions, affirmant qu'il avait agi dans l'intérêt de l'État.
Cette affaire est symptomatique des luttes de pouvoir qui traversent la nation asiatique, selon Kim Dong-han, expert en politique coréenne à l'Université de Séoul. « Ce procès est révélateur des tensions persistantes entre le pouvoir exécutif et judiciaire en Corée du Sud », a-t-il déclaré à France 24.
Le verdict a également des implications importantes pour ses futurs procès. Alors que le tribunal s'apprête à examiner des accusations d'insurrection, la Corée du Sud est confrontée à une question cruciale : comment la Nation peut-elle avancer tout en conciliant justice et stabilité politique ? Les yeux de la communauté internationale sont rivés sur ce cas, un rappel des défis auxquels la démocratie coréenne doit faire face dans un climat parfois tendu.







