Après une mobilisation non négligeable de la part des médecins libéraux, l’exécutif français fait un pas vers la réconciliation. En réponse à la grève qui a duré dix jours, le gouvernement a annoncé, vendredi, une série de propositions destinées à renouer le dialogue avec cette profession. Entre autres, il a décidé d'abandonner l'objectif de réduction obligatoire des prescriptions fixé par l'Assurance maladie.
Dans un communiqué, le ministère de la Santé a précisé qu'un amendement sera proposé lors du débat parlementaire. Cet amendement vise à abolir la procédure de Mise sous objectifs (MSO) établie dans le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales, actuellement discuté au Parlement et déjà adopté par le Sénat. Parallèlement, une mission d'accompagnement sera lancée pour un diagnostic approfondi de cette procédure, afin d'explorer des pistes d'amélioration et d'accroître la transparence, a rapporté Le Monde.
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a déclaré sur France Inter que cette démarche représente une écoute vis-à-vis des médecins, qui se sentent souvent stigmatisés par des lois d'une telle nature. «Nous voulons améliorer le dialogue, car il est essentiel d'établir un climat de confiance pour mieux servir nos concitoyens», a-t-elle ajouté. Cette intention de la ministre se heurte néanmoins à la réalité du contrôle des dépenses de santé, qui reste une priorité du gouvernement.
Une autre mesure annoncée vise à supprimer les dispositions qui permettaient une baisse unilatérale des tarifs médicaux, inscrites dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Ces articles sont souvent cités comme l’une des principales sources de mécontentement parmi les médecins. Comme le souligne une analyse de Libération, cette décision pourrait redonner un souffle à la profession déjà sous pression.
Enfin, le ministère a annoncé le lancement d'un guichet d'aide et d'information pour l'installation des médecins, qui devait voir le jour dans le budget de la Sécurité sociale de 2023, mais qui n’avait encore pas été concrétisé. Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement ambitionne non seulement d’apaiser le climat actuel, mais aussi d'asseoir une collaboration plus franche entre les médecins et les autorités sanitaires.







