À l’heure où les tensions s'intensifient dans l'Arctique, le Groenland se positionne comme un territoire d'une importance stratégique majeure. L'île, qui abrite une présence militaire américaine historique, voit également le Danemark renforcer sa posture défensive tout en attirant l'attention de nombreux États européens.
Une base militaire emblématique héritée de la Seconde Guerre mondiale
Historiquement, le Groenland a accueilli des installations militaires américaines dès la Seconde Guerre mondiale pour contrecarrer d'éventuelles menaces sur le continent. En 1951, un accord entre les États-Unis et le Danemark a permis aux forces armées américaines de stationner librement sur l'île, tout en respectant la souveraineté danoise.
Tandis qu'une quinzaine de bases militaires étaient actives dans les années 1940, une seule reste aujourd'hui : la base aérienne de Pituffik, au nord-est du Groenland. Ce site stratégique abrite des radars à missiles, des hangars pour bombardiers, et un contingent de 150 à 200 soldats, selon Le Monde.
Renforcement des capacités militaires danoises
Dernièrement, le Danemark a intensifié sa présence militaire avec l'envoi de plusieurs avions de transport au Groenland, conformément aux déclarations de son ministre de la Défense. La sécurité de cette île est gérée par le Joint Arctic Command, qui supervise toutes les unités déployées ici et dans les îles Féroé.
Les forces danoises comprennent des soldats stationnés à Station Nord, la base militaire la plus septentrionale au monde, et divers détachements de la Royal Danish Air Force. Ces unités, accompagnées de navires de patrouille et de chiens de traîneau, assurent la surveillance d'un territoire vaste et hostile, comme l'explique le ministère danois de la défense.
La réponse européenne face aux défis arctiques
Pour faire face aux défis croissants du contexte arctique, plusieurs pays européens, tels que l'Allemagne, la Suède et la Norvège, collaborent avec le Danemark dans le cadre de l'opération Arctic Endurance. Ces efforts incluent l'envoi de troupes spécialisées et d'experts en haute montagne, afin de renforcer les capacités militaires sur place.
En France, un contingent de quinze soldats déjà présents comprend des spécialistes aguerris aux conditions extrêmes de l'Arctique, un savoir-faire précieux et rare au sein de l'Union européenne. Comme l’indique la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, l’avenir de cette mission dépendra des besoins stratégiques évolutifs du pays.
Les temps à venir sont cruciaux pour le Groenland, car à l'instar de l'engagement annoncé par le président Macron, il est prévu d'introduire de nouveaux moyens terrestres, aériens et maritimes au sein de la région. C'est un engagement clair de la France envers ses alliés dans le cadre de la protection de cette zone géostratégique.







