Alain Orsoni, ancien militant nationaliste corse, a été abattu d'une seule balle lors des obsèques de sa mère à Vero, le 12 janvier dernier. Ce meurtre fait écho à une longue séquence de violences entre groupes rivaux en Corse, une situation que de nombreux experts décrivent comme un cycle de violence perpétuel.
Orsoni, déjà visé par une tentative d'assassinat en 2008, était relativement retiré de la vie publique. Son retour sur l'île pour rendre hommage à sa mère a pourtant été une occasion que ses ennemis n'ont pas manquée. Plusieurs analystes, dont Jean-Michel Verne, un spécialiste des organisations criminelles, décrivent cet événement comme "la chronique d'un assassinat annoncé", plaidant pour une réflexion urgente sur l'énorme spectre de la criminalité organisée qui pèse sur la Corse.
Alain Orsoni n'était pas un inconnu sur l'île. Ancien président du club de football d'Ajaccio et figure emblématique du nationalisme corse, son décès soulève des questions alarmantes concernant l'impasse dans laquelle se trouvent les luttes de pouvoir entre clans. Le parquet spécialisé de Marseille, ainsi que le tout nouveau Parquet national anticriminalité (Pnaco), ont pris en charge l'enquête pour identifier le tireur, qui a réussi à prendre la fuite.
Les rivalités entre groupes comme le clan Orsoni et ceux du Petit Bar rappellent les conflits qui ont marqué l'histoire moderne de la Corse. Fabrice Rizzoli, expert en grande criminalité, mentionne que ces luttes de pouvoir trouvent leurs racines dans un contexte historique marqué par le nationalisme des années 1980 et des violences qui en ont découlé.
"Les conséquences de ce passé violent continuent d’affecter ces clans, qui se sont souvent tournés vers le banditisme comme moyen de subsistance", analyse Rizzoli. Avec un héritage de violence si profondément ancré, il devient essentiel de comprendre ces dynamiques pour répondre aux défis contemporains auxquels l'île est confrontée.
Malgré l’espoir suscité par l’implémentation récente du Pnaco, des doutes subsistent quant à son efficacité face à une criminalité si enracinée. Jean-Michel Verne souligne qu’une coordination efficace entre ces différentes structures judiciaires sera primordiale pour combattre ce phénomène. "Sans une vision cohérente et une véritable volonté politique, la situation risque de se perpétuer '', avertit-il.
Dès lors, ce meurtre devient plus qu'un simple fait divers; il incarne la lutte pour le contrôle des affaires sur l'île et questionne notre compréhension même de la sécurité en Corse à l'époque moderne. Alors que les clans continuent de s'affronter, il est crucial que les autorités impliquées mettent fin à cette spirale de violence pour offrir un avenir plus paisible aux générations futures.







