Les indépendantistes du FLNKS ont exprimé un désaccord catégorique avec l'accord institutionnel et économique récemment signé à l'Élysée. Ce texte, baptisé « accord Élysée-Oudinot », a été élaboré pour faciliter le processus politique en Nouvelle-Calédonie, mais a été rejeté par le FLNKS, qui avait déjà refusé l'accord précédent de Bougival.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le parti dénonce ce nouvel accord comme une manœuvre de l'État, incompatible avec la « trajectoire de décolonisation de Kanaky », le nom donné à la région par les indépendantistes. « Cet accord entérine un passage en force de l'État », a précisé le FLNKS, soulignant qu'il continue de boycotter les discussions politiques.
Le précédent accord de Bougival visait à établir un État calédonien inscrit dans la Constitution française, tout en maintenant un lien avec la France, un point de friction majeur pour les indépendantistes. Ce nouvel accord, malgré sa reconnaissance de l'identité kanake et du droit à l'autodétermination, est perçu comme une tentative de « chantage économique » pour accepter les conditions dictées par l'État.
Experts et observateurs expriment également des préoccupations concernant le gel du corps électoral, instauré en 1998, qui limite le vote aux personnes ayant été établies avant cette date. « Toute modification de ce gel pourrait diluer la voix kanak », déclare un analyste local.
Alors que la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a affirmé que la porte restait ouverte au FLNKS, beaucoup soulignent la nécessité de l'inclusion de ce mouvement dans tout accord politique viable. Les violences ayant secoué la région en mai 2024 rappellent l'importance des consultations inclusives, étant donné qu'elles ont provoqué 14 décès et d'importants dégâts économiques.
Les signataires du nouvel accord espèrent voir le projet de loi constitutionnelle adopté au Sénat et à l'Assemblée nationale aux alentours de mars-avril. Cependant, le FLNKS assure qu'il poursuivra son action politique pour faire respecter ses droits à la souveraineté, tel que stipulé dans l'Accord de Nouméa et le droit international.







