Le président élu du Chili, José Antonio Kast, a fait récemment sensation en désignant deux anciens avocats du dictateur Augusto Pinochet à des postes clés de son gouvernement, à savoir la défense et la justice. Cette décision, annoncée le 20 janvier, soulève déjà de vives réactions au sein de la société chilienne, où l’héritage de la dictature continue de diviser les opinions.
Lors d'une cérémonie à Santiago, Kast a déclaré avoir constitué “un cabinet pour un gouvernement d'urgence”, un appel à l'action dans un contexte socio-politique tendu. Fernando Barros, âgé de 68 ans, a été nommé ministre de la défense, tandis que Fernando Rabat, 53 ans, prendra les rênes du ministère de la justice et des droits humains.
Ces nominations interviennent alors même que Kast, fervent admirateur de Pinochet, souhaite ancrer son administration sur des bases considérées comme solides, selon ses partisans. Le général Pinochet, qui a régné d'une main de fer entre 1973 et 1990, est toujours perçu par une partie de la population chilienne comme ayant établi un certain ordre dans un pays aujourd'hui confronté à une forte criminalité et à une immigration préoccupante.
Le régime de Pinochet est tristement célèbre pour avoir causé la mort ou la disparition de plus de 3 000 personnes, une réalité que certains défenseurs des droits humains dénoncent farouchement. Le Monde souligne que la volonté de Kast de normaliser des figures du passé historique controversé aggrave les tensions déjà existantes.
À l'approche de son entrée en fonction le 11 mars prochain, cette orientation politique fait déjà craindre une dérive autoritaire dans un pays qui a longtemps lutté pour la démocratie. Des experts en sciences sociales, comme le sociologue chilien Alberto Mayol, affirment que ces choix sont symptomatiques d'une droite cherchant à se rapprocher de ses racines dictatoriales, et risquent d'impacter négativement le climat social.
La société chilienne, marquée par des mouvements de protestation récents, semble prête à se mobiliser contre ces choix, craignant une érosion des valeurs démocratiques chèrement acquises. José Antonio Kast, élu avec près de 58 % des voix, devra maintenant faire face à l'opposition grandissante d’un peuple qui n’oublie pas.







