Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié vendredi de "franchement consternants" les propos de Donald Trump, qui a insinué que les alliés de l'Otan avaient été "en retrait" en Afghanistan durant les deux décennies de conflit. Cette déclaration a uni la classe politique britannique dans la critique, soulignant des tensions croissantes entre Washington et ses partenaires européens.
Au cours d'une interview avec Fox News, Trump a minimisé le rôle des pays membres de l'Otan en affirmant que les États-Unis n'avaient "jamais eu besoin d'eux". Il a ajouté : "Ils diront qu'ils ont envoyé des troupes en Afghanistan... c'est vrai, mais ils sont restés un peu loin des lignes de front".
Cette sortie a particulièrement exacerbé le mécontentement au Royaume-Uni, un pays qui a enregistré 457 pertes militaires, juste derrière les 2.400 des États-Unis. Starmer a exprimé que ces commentaires étaient particulièrement douloureux pour les familles des soldats tombés au combat.
"Je trouve que les remarques du président Trump sont non seulement insultantes mais également indécentes, surtout pour ceux qui ont perdu des êtres chers en mission", a-t-il déclaré dans une intervention à la télévision britannique.
Sans appeler à l'excuse, la Maison Blanche a rétorqué que les États-Unis avaient fourni plus à l'Otan que tous les autres pays. Cependant, le tollé s'est intensifié avec des réactions véhémentes venant de plusieurs figures politiques et militaires.
Le prince Harry, ancien membre des forces britanniques ayant servi en Afghanistan, a affirmé que des milliers de vies avaient été radicalement affectées par le conflit. "Ces sacrifices doivent être honorés avec sincérité et respect", a-t-il écrit dans un communiqué.
Kemi Badenoch, cheffe de l'opposition conservatrice, a condamné sur X ces "commentaires honteux", arguant qu'ils sapent le moral de l'Otan et ternissent la mémoire des soldats. Même Nigel Farage, un défenseur de Trump, a reconnu que le président faisait "erreur" dans son évaluation du service militaire britannique.
La Royal British Legion, organisation dédiée aux anciens combattants, a ajouté que le mérite des soldats britanniques en Afghanistan ne devrait jamais être remis en question. Internationalement, des responsables en Pologne et en France ont également exhorté au respect des sacrifices des militaires engagés dans ce conflit, avec des pertes significatives enregistrées dans leurs rangs.
En somme, les propos de Trump ont non seulement choqué le Royaume-Uni, mais ont également mis en lumière la fragile dynamique au sein de l'Otan face aux défis géopolitiques contemporains. Les alliés de l'Alliance vont-ils devoir revoir leur approche face à des discours polarisants qui pourraient potentiellement nuire à la solidarité ?







