Seif al-Islam Kadhafi, fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi, connu pour être recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité, a été tué mardi dernier à Zenten, dans l'ouest de la Libye, par des assaillants non identifiés.
Selon son avocat français, Marcel Ceccaldi, il a été abattu par un groupe de quatre individus qui ont infiltré sa maison. "Ils l'ont exécuté aujourd'hui à 14h," a affirmé Ceccaldi à l'AFP.
Âgé de 53 ans, Seif al-Islam avait longtemps été envisagé comme le successeur potentiel de son père avant que le régime ne s'effondre en 2011. Bien qu'à un moment, il ait tenté de se projeter comme un réformateur, ses promesses de violences au début de la révolte ont éclipsé cette image.
Son conseiller, Abdullah Othman Abdurrahim, a rapporté que les assaillants avaient réussi à désactiver les systèmes de sécurité avant de procéder à leur attaque. "On ignore encore l'identité de ces hommes," a déclaré Me Ceccaldi, précisant qu'il avait eu un échange avec Kadhafi trois semaines auparavant.
Cependant, des alertes concernant sa sécurité avaient été énoncées. Un membre de sa tribu avait même tenté de lui proposer une aide pour sa protection, ce à quoi il avait refusé.
Seif al-Islam, recherché pour des crimes de guerre, avait été arrêté en 2011 mais a connu un parcours tumultueux, y compris une condamnation à mort avant de bénéficier d'une amnistie. Jusqu'à son décès, sa localisation était incertaine, et son avocat a confirmé qu'il changeait souvent de lieu de résidence.
En 2021, il avait tenté de se présenter aux élections présidentielles, attirant le soutien de ceux qui pleuraient la chute de l'ancien régime, bien que ces élections n’aient finalement pas eu lieu.
L’expert en politique libyenne Emad Badi a mentionné que la mort de Seif al-Islam pourrait faire de lui une figure martyrisée aux yeux d'une partie de la population. Cela pourrait également chambouler certains ressorts électoraux en écartant un candidat controversé.
Moussa Ibrahim, ex-porte-parole du régime Kadhafi, a qualifié cet assassinat de acte perfide, en avançant qu'il avait récemment échangé avec Seif al-Islam. "Cet acte a tué l'espoir pour une Libye unie et souveraine," a-t-il ajouté.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, le pays est en proie à une instabilité persistante. Deux institutions rivales se disputent le pouvoir : le gouvernement d'unité nationale basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l'ONU, et un gouvernement établi à Benghazi, sous le contrôle du maréchal Haftar.







