Les rues de Jakarta, la capitale indonésienne, sont envahies par les déchets. Avec 42 millions d'habitants générant 14.000 tonnes d'ordures par jour, la situation devient de plus en plus alarmante.
La pression sur les huit décharges de la région, qui sont pour la plupart saturées, ne cesse d'augmenter. "L’odeur est insupportable. C'est à la fois inacceptable et repoussant", déclare Nurhasanah, une vendeuse de marché locale, face à l'accumulation des déchets près de son étal.
Les experts identifient plusieurs facteurs à cette crise : la croissance démographique, l'amélioration des conditions économiques entraînant une consommation accrue, et le manque de régulation dans la gestion des déchets. La décharge de Bantar Gebang, l'une des plus grandes décharges à ciel ouvert, est déjà à pleine capacité, selon des sources médiatiques.
À Tangerang Sud, des nuées de mouches entourent les piétons qui tentent d'éviter les déchets jonchant les rues. "Nous payons des impôts pour ça, le gouvernement doit intervenir!", s'insurge Muhammad Arsil, un moto-taxi, qui estime que la responsabilité de la gestion des déchets incombe aux autorités.
Delfa Desabriyan, une jeune employée, partage son mécontentement : "Les gens jettent leurs déchets dans la rue car la décharge est pleine. Cela gâche vraiment mon appétit, l'odeur est inacceptable!".
Le président Prabowo Subianto met en garde contre une saturation nationale des décharges d'ici 2028, tandis que des décharges illégales continuent d'être exploitées.
Des situations catastrophiques comme le glissement de terrain de Cipayung en 2022 rappellent les dangers de cette crise. Muhammad Rizal, habitant du quartier, s'inquiète : "Si la situation ne change pas, nous serons de nouveau confrontés à ces dangers.".
Le gouvernement indonésien a annoncé un plan ambitieux visant à investir 3,5 milliards de dollars (2,9 milliards d'euros) pour fermer certaines décharges et construire de nouvelles infrastructures. Cependant, des experts comme Wahyu Eka Styawan de l'ONG WALHI soulignent qu'il ne suffit pas de construire des usines. "Il faut une réforme complète du système de gestion des déchets", dit-il.
Pour Nur Azizah, experte à l'université Gadjah Mada, l'éducation de la population est centrale dans la résolution de cette crise. "Nous devons changer nos modes de consommation", conclut-elle.







