Mardi, au Capitole, Donald Trump a fait un discours marathon où il a mis en avant son bilan, sans pourtant proposer de nouvelles orientations face à l’insatisfaction populaire, comme l'indiquent plusieurs sondages récents.
"Ceci est l'âge d'or de l'Amérique", a-t-il martelé, réutilisant un de ses slogans fétiches. L'allocution a duré une heure et quarante-sept minutes, ce qui en fait un record pour un discours sur l'état de l'Union, avant des élections législatives cruciales.
"L'inflation diminue, les salaires augmentent, notre économie est plus forte que jamais", a-t-il proclamé, sous les ovations de ses partisans scannelant "USA, USA, USA". Cependant, les critiques n’ont pas tardé à fuser.
Chuck Schumer, le chef des sénateurs démocrates, n'a pas manqué de dénoncer une vision "déconnectée de la réalité". Un sondage YouGov/Marketwatch a révélé que presque 47% des électeurs estiment que leur pouvoir d'achat a diminué depuis son retour au pouvoir en janvier 2025.
Avec des midterms en vue, les républicains émettent des inquiétudes sur la popularité de Trump. "Notre pays a retrouvé les chemins de la victoire", a-t-il encore répété, tout en présentant les membres de l'équipe de hockey sur glace victorieuse aux olympiades, illustrant un moment de rare unité.
Tout en prenant de nombreuses piques contre les démocrates, Trump a opté pour un ton moins conflictuel que d'habitude, les accusant de ne pas applaudir lors de son discours sur l'immigration. Lancant un appel au Congrès pour imposer des exigences d'identification à l'électorat, il a insinué des fraudes généralisées sans fournir de preuves.
Il a également assigné au vice-président JD Vance la mission de combattre la fraude sociale, visant particulièrement certains États gérés par les Démocrates. Les tensions se sont accentuées lorsque des parlementaires démocrates ont contesté ses affirmations, notamment celle sur les huit conflits qu'il prétend avoir résolus.
Concernant la Cour suprême, Trump s'est montré prudent face à trois des juges qui ont récemment invalidé une partie de ses propositions économiques. Bien qu'il ait exprimé des regrets, il a décidé de ne pas se livrer à une attaque virulente, contrairement à ses réactions habituelles sur les réseaux sociaux.
Alors qu'il a été interrogé sur sa stratégie envers l'Iran, il a vagement évoqué sa préférence pour la diplomatie, tout en dénonçant les ambitions nucléaires de l'Iran, accusé de développer des missiles capables d’atteindre le territoire américain. Sa position reste floue malgré son discours guerrier.
Des parlementaires de l'opposition ont choisi de se faire absents, tandis que la gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, a été désignée pour répondre au discours présidentiel au nom des démocrates, incarnant les espoirs d'un changement face à une dynamique anti-Trump dans les mois à venir.







