Cinq suspects ont été interpellés le 17 février après l’agression mortelle du militant Quentin Deranque à Lyon, dont deux auraient des liens avec le député LFI Raphaël Arnault.
Quelques heures après que Mathilde Panot, la cheffe des députés insoumis, ait affirmé qu’aucun membre de LFI n’était impliqué « de près ou de loin » dans le décès de Quentin Deranque, le procureur de Lyon a annoncé l’interpellation de cinq personnes, dont Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault. D’après Le Progrès et BFMTV, un Adrian B., également proche de ce député, figure parmi les interpellés.
Au total, six suspects ont été identifiés dans cette affaire. Il semble qu’ils soient pour la plupart d’anciens membres de la Jeune Garde, un mouvement antifasciste cofondé par Raphaël Arnault en 2018, dissous en 2025. Certaines sources, incluant Le Figaro et Le Progrès, rapportent que plusieurs suspects sont liés à la « mouvance ultragauche », mais ne sont pas fichés S.
Jacques-Élie Favrot, reconnu par le collectif d’extrême droite Némésis comme l’un des agresseurs, a fermement nié toute responsabilité dans la mort de Quentin, selon son avocat. Il a également décidé de suspendre ses fonctions durant l'enquête. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a confirmé que ses « droits d’accès » au palais Bourbon étaient suspendus. Raphaël Arnault a annoncé sur X que des démarches pour mettre fin à son contrat avaient été entreprises avant son interpellation.
« La Jeune Garde tue », déclare Darmanin
Jean-Luc Mélenchon, fondateur de LFI, a vivement réagi en affirmant : « On se déshonore lorsqu’on inflige des violences qui peuvent causer la mort ». Bien qu’il ait dénoncé des accusations jugées « grotesques et injustes » à l'égard de son mouvement, il retrograde des déclarations passées où il avait pris la défense de ces jeunes militants. Laurent Wauquiez a quant à lui pointé du doigt la connexion entre LFI et la violence sur BFMTV, soutenant que Mélenchon avait « ouvert les portes de l’Assemblée à des meurtriers présumés ». Une minute de silence a été observée à l'Assemblée en mémoire de Quentin, tué lors d'une agression en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon.
LFI dénonce une instrumentalisation
Dans l’hémicycle, la mort de Quentin a suscité de vives critiques à l’encontre de LFI, le gouvernement accusant le mouvement d’avoir des liens avec la violence. Le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a affirmé : « La Jeune Garde tue, et LFI devrait condamner cela ». Malgré l’absence de Raphaël Arnault, Mathilde Panot a dénoncé une manipulation politique visant à salir son mouvement et a rappelé des violences antérieures. La tension politique est palpable, le Premier ministre Sébastien Lecornu appelant à respecter l’autorité judiciaire dans le cadre de l’enquête.
Des meetings universitaires en danger
Suite à l’agression de Quentin, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé l'annulation de futurs meetings universitaires en raison de potentielles tensions. Une circulaire a été envoyée pour établir des critères d'organisation d'événements, garantissant un équilibre entre libertés académiques et sécurité.
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