Genève (AFP) – Les représentants de l'Ukraine et de la Russie sont de retour à Genève pour tenter de relancer les négociations sous l'égide des États-Unis. Cela intervient après quatre longues années de conflit, alors que les précédentes discussions ne semblent pas avoir produit de résultats significatifs.
Les premières délégations se sont rencontrées mardi, mais la tension était palpable. Une source proche de la délégation russe a qualifié les échanges de "très tendus", soulignant que les pourparlers doivent se poursuivre le lendemain. Cette rencontre a eu lieu à l'hôtel InterContinental, avec des conseillers de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et de l'Italie présents pour apporter leur aide.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a décrit les discussions comme "constructives" mais a averti qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles. Les délégations ont été divisées en groupes pour passer en revue les thèmes clés, y compris les aspects politiques et militaires.
Frappes massives
Les négociations se déroulent dans le cadre d'un plan proposé par les États-Unis, qui demande des concessions territoriales de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales. Cependant, le principal point de contention reste le Donbass, région industrialisée de l'est de l'Ukraine, où la Russie exige le retrait des forces ukrainiennes, ce que Kiev refuse catégoriquement.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a averti que de nombreuses questions demeurent et que l'issue des discussions est incertaine. La situation est d'autant plus préoccupante, puisque quelques heures avant le début des négociations, la Russie a intensifié ses bombardements, lançant 396 drones et 29 missiles, ciblant notamment les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Le président Zelensky a dénoncé cette escalade comme un "mépris pour les efforts de paix" et a fait état de blessés ainsi que de coupures de chauffage et d'eau à Odessa, exacerbant la souffrance des civils pendant l'hiver.
Dans un climat de pression, la Russie a multiplié les frappes sur les infrastructures ukrainiennes dans le but de forcer Kiev à céder. Un récent drone a d'ailleurs causé la mort de trois travailleurs dans une centrale électrique à Sloviansk.
Les négociations de Genève suivent des discussions antérieures à Abou Dhabi qui n'avaient pas non plus abouti à des solutions concrètes.
Donald Trump, dans une position favorable à une issue diplomatique, a incité l'Ukraine à se montrer proactive. Selon lui, la Russie a un réel intérêt à conclure un accord. Cependant, Zelensky a exprimé des réserves quant à la sincérité du Kremlin dans ces pourparlers.
En parallèle, la question des enfants ukrainiens captifs en Russie soulève également des inquiétudes. D'après Zelensky, 2000 enfants ont été récupérés, mais des milliers d'autres demeurent retenus sur le sol russe ou en territoire occupé.
Le climat d'incertitude entourant cette rencontre à Genève laisse présager que la route vers une résolution pacifique du conflit sera jonchée d'obstacles, même avec la pression internationale croissante.
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